Lettre du CArCoB n°4 - Février 2016

Le voyage des Noirs dessins du communisme

Fruit de la collaboration entre le CArCoB, le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB, l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale, le Mundaneum et la Formation Léon Lesoil, l’exposition présentant les caricatures et dessins politiques parus dans la presse communiste du XXe siècle a continué son voyage.

Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle

Les Noirs dessins du communisme ont été présentés au PointCulture de Bruxelles du 11 août au 12 septembre 2015

 
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Philippe Moins, Le Drapeau rouge, 17/10/1977, p. 1.

Fruit de la collaboration entre le CArCoB, le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB, l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale, le Mundaneum et la Formation Léon Lesoil, l’exposition présentant les caricatures et dessins politiques parus dans la presse communiste du XXE siècle a continué son voyage. Elle a été accueillie durant l’été par le PointCulture de Bruxelles, non loin du Botanique. Programmée dans le cadre de la thématique Satire et Caricature, elle a reçu 585 personnes. Plusieurs visites guidées ont été organisées. Certains visiteurs eurent la chance d’être guidés par Willy Wolsztajn, l’un des dessinateurs exposés.

Vous souhaitez en savoir plus sur les Noirs dessins du communisme ?
 

Rendez-vous dans le menu "Expositions" de notre site internet

 

 
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Louis Van Geyt, la passion du trait d’union

Louis Van Geyt, aujourd’hui 88 ans, questionné par le journaliste Jean Lemaître, donne sa vision de l’histoire du PCB, de 1945 à 1985, dans laquelle il a joué un rôle essentiel. Ce sont, ainsi, quarante ans d’action de la gauche en Belgique qui sont explorés, de façon vivante.

Comprendre hier pour réinventer demain !

 

Louis Van Geyt, aujourd’hui 88 ans, questionné par le journaliste Jean Lemaître, donne sa vision de l’histoire du PCB, de 1945 à 1985, dans laquelle il a joué un rôle essentiel. Ce sont, ainsi, quarante ans d’action de la gauche en Belgique qui sont explorés, de façon vivante.
Ceci n’est pas L’histoire. Mais Une histoire du Parti communiste de Belgique, via le témoignage de Louis Van Geyt, qui fut son président de 1972 à 1995 et progressivement un acteur de premier plan dès 1948, date à laquelle, issu des Étudiants socialistes, il avait rejoint le PC.
J’ai personnellement mené ces entretiens à travers des questions serrées, parfois piquantes, n’éludant aucune zone gênante. Par ce travail, mon souci fut d’abord de m’adresser, sans langue de bois, aux nouvelles générations qui s’intéressent à la politique, s’interrogent sur les meilleurs chemins à emprunter, en intégrant des bonnes et moins bonnes leçons du passé. C’est pourquoi j’ai parsemé ce livre de moult notes explicatives, destinées à restituer les multiples événements et personnages évoqués au fil de l’ouvrage. Dans ce même esprit d’accès au plus grand nombre, je ne suis pas entré dans le détail des querelles ayant traversé l’appareil communiste belge. L’angle d’attaque s’est voulu plus large, analysant les relations souvent innovantes entre le PCB et les autres mouvements de gauche, le Parti socialiste en premier, mais aussi les chrétiens progressistes, et, bien entendu, la FGTB, au sein de laquelle les militants communistes furent, durant toute cette période, très présents.

La dialectique contre-pouvoir / pouvoir

Il en ressort la volonté du Parti communiste, excepté pendant l’intervalle ultra sectaire de 1948-1954, d’allier en permanence les forces progressistes, en mobilisant sans relâche à la base, tout en veillant à peser sur les gouvernements en place, pratiquant un mouvement dialectique contre-pouvoir / pouvoir.
Le livre démarre en 1945 et le formidable espoir de changer radicalement la société. Le PC en Belgique est alors au faîte de sa popularité. Il rassemble près de 100.000 membres, devient le troisième parti politique de Belgique et obtient, aux législatives de 1946, pas moins de 23 députés.
Il se clôture en 1985, après l’évocation de la puissante mobilisation contre l’implantation de missiles nucléaires en Belgique. Bien qu’y ayant participé très activement, au diapason du mouvement pacifiste (ni fusées soviétiques, ni américaines, mais une désescalade mutuelle), le Parti communiste en sort, la même année, laminé électoralement, perdant toute représentation parlementaire. Ce qui signe sa mort clinique, comme parti influent dans la vie politique belge.
Entre ces deux dates clés, que s’est-il passé ? Qu’auront apporté les communistes à l’histoire du pays, aux conquêtes sociales ? Pourquoi le PC belge a-t-il régressé de la sorte, cinq ans avant l’effondrement de l’URSS et des dites « démocraties populaires » ? Traditionnellement, la perte d’influence des PC occidentaux est présentée comme liée à la chute du Mur de Berlin. Certes, cela a joué. Et ces entretiens avec Louis Van Geyt montrent, en effet, la difficulté éprouvée par le PC belge à se distancier nettement des régimes autoritaires à l’Est, à affirmer - et appliquer - haut et clair un eurocommunisme réinventant le socialisme, à l’opposé du système momifié brejnévien si éloigné de l’idéal des débuts : l’émancipation des hommes de toute servitude.

Des facteurs surtout internes à la Belgique

« La Passion du Trait d’union » passe en revue la plupart des événements qui ont secoué la Belgique de 1945 à 1985 : le gouvernement des gauches au lendemain de la guerre, auquel le PC prit part ; la lutte contre le service militaire, passé à 24 mois sous la férule des catholiques revenus au pouvoir ; la crise royale ; l’assassinat de Julien Lahaut et le « Vive la République » ; la décolonisation du Congo ; les grèves de 1960/1961, qui expérimentèrent également de nouvelles pratiques syndicales démocratiques...
Début des années ’70, après le creux de la guerre froide, le PC affiche une assez bonne forme : un score oscillant entre 6 et 7% au niveau francophone, 10.000 membres, des forces vives dans les entreprises, une presse redevenue quotidienne (« Le Drapeau Rouge ») lue bien au-delà du Parti.
Mais voilà, le vent libérateur de Mai’ 68 a soufflé sur la Belgique. Les jeunes mettent en avant de nouvelles aspirations. Le tissu industriel - vivier naturel des communistes - se rétrécit. L’écologie monte en puissance. Plus profondément, c’est toute la société qui subit une mutation structurelle, que la direction du PC, pour l’essentiel issue de la Libération, vieillie, ne veut ou ne peut pas prendre (suffisamment) en compte. Face à la percée d’Ecolo, nombre de progressistes se détournent de ce parti, devenu un produit « vintage ».
Lisez le livre. Jugez par vous-mêmes. Et débattons-en... Finalement, n’est-ce pas de l’ensemble de la gauche belge dont nous parle « La Passion du Trait d’union », au moment où un regain de luttes contre le néo-libéralisme triomphant (et la pensée unique, son corollaire) s’impose ?

 
Jean Lemaître
Louis Van Geyt. La passion du Trait d’Union. Regards croisés sur le Parti communiste de Belgique (1945 - 1985). Libres entretiens avec Jean Lemaître , Arquennes, Bruxelles, co-édition Mémogrames / CArCoB, 2015. 413 pages + 25 photos inédites. Préface de Philippe Moureaux.
 

En vente au CArCoB au prix de 30€ (frais de port compris).
À acheter sur place ou par correspondance.

 

 
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Histoires du PCB

L’histoire du communisme en Belgique se construit progressivement. Nous vous proposons divers ouvrages pouvant s’avérer utiles et parfois inattendus pour qui s’intéresse à ce sujet.

Autobiographie

Un itinéraire engagé, un document rare : les Souvenirs de Jacques Moins (1929 - 2011)

 
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Jacques Moins, Collection CArCoB.

Bien que l’ordinateur et l’autoédition commencent à modifier le tableau, les autobiographies politiques (hors écrits propagandistico-électoraux) demeurent peu nombreuses en Belgique et plus rares encore, celles de militants communistes. Une vingtaine de textes à peine prennent place dans cette catégorie, mais très peu de ceux-ci livrent une réflexion sur leur engagement et six seulement embrassent le parcours complet de l’auteur. Le PCB n’a connu que peu de démissions fracassantes productrices de règlements de compte explicatifs. Le livre de Fernand Demany (Si c’était à refaire), écrit à chaud, et le réquisitoire auto-glorificateur (préface à la réédition du Délire logique) rédigé cinquante ans après les faits par Paul Nothomb, demeurent les seuls du genre. Seules les Mémoires de Jean Blume et de Madeleine Jacquemotte ont pris le recul nécessaire à la réflexion, mais elles ont été rédigées avant la disparition de l’URSS et l’évaporation totale du PCB. C’est ce qui donne une valeur exceptionnelle au texte que Jacques Moins nous a laissé.

C’est toute une vie militante qui nous y est contée, mais aussi un parcours d’avocat aux connexions fréquentes, ce qui amène une action et réflexion politiques aux prises avec le monde réel, sans être enfermées dans la gangue des appareils de parti souvent nombriliques.
Né dans une famille bourgeoise, laïque et de gauche, Jacques Moins milite aux Étudiants socialistes à l’ULB. Ils sont quelques-uns, dont Louis Van Geyt, qui accompliront à la fin des années ‘40, le passage aux Étudiants communistes, principalement par opposition à l’atlantisme dont le PSB est devenu le héraut. Il vit dans cette serre chaude qu’est l’ULB les moments intenses de la guerre froide, dans l’exaltation de la juste cause, sans oublier de proclamer, avec les É.C., « un militant triste est un triste militant ».

Détailler la succession des fonctions qu’il assume tout au long de sa vie militante, c’est à dire sa vie entière, réduirait cette page à un inventaire à la Prévert. Il occupe en effet des responsabilités internes, de la section d’Ixelles au Comité fédéral bruxellois et au Comité Central, la direction de la Maison de la Presse. Il est « l’inventeur » des grandes fêtes du Drapeau Rouge, alors rendez-vous festifs et culturels exceptionnels. Conseiller d’agglomération (1971), conseiller communal à Bruxelles (1976), il est l’homme de liaison avec les communistes italiens de Belgique et par là, très vite, le spécialiste « émigration » du parti.

Jacques Moins détaille tout cela avec précision, mais surtout avec un regard à la fois critique et souvent ironique, passionnément heureux des batailles menées, au sein et en dehors du parti. Car les adversaires déterminés mais aussi les supporters flexibles et ondoyants n’ont pas ménagé les critiques envers ce très précoce fédéraliste et ardent partisan de l’eurocommunisme.

On lira aussi avec grand intérêt ses réflexions sur la justice et le monde du barreau, une analyse pertinente et pointue d’un avocat qui a porté des causes sans doute « peu glamours » mais essentielles pour les droits des travailleurs, belges et étrangers. Rappelons qu’il fut un des avocats des mineurs du Bois du Cazier.
Jacques Moins expose in fine les interrogations que durent se poser bien des communistes que la disparition d’un engagement communiste crédible laissaient à quai.

Une histoire politique de Bruxelles, une vie d’intellectuel communiste, d’un militant aux sentiments discrets mais à la parole incisive, une chronique précise, qui servira aux historiens, aux politologues, et à tous ceux qu’intéressent les parcours vrais .
Mais qui pouvait donc être et demeurer un communiste à Bruxelles dans la deuxième moitié du XXe siècle ?

José Gotovitch
Jacques Moins, Souvenirs (1929-2011), Préface de Philippe Moins, Index, Tapuscrit, 2014, 198 pages. Bibliothèque du CArCoB : TAP/001.

 

 

GÉRARD, Emmanuel, DE RIDDER, Widukind et MULLER, Françoise, Qui a tué Julien Lahaut ? Les ombres de la guerre froide en Belgique, Bruxelles, Renaissance du Livre, 2015. 349 p.

 

Depuis la grande enquête menée par Etienne Verhoeyen et Rudi Van Doorslaer publiée en 1985, on sait que c’est un groupe de droite catholique, léopoldiste et patriote belge, francophone, de Hal qui avait fait le coup. Après sa mort, le nom de l’auteur des coups de feu a été révélé : François Goossens. Mais il restait une part de mystère. Qui étaient les commanditaires ? Pourquoi l’enquête judiciaire n’a-t-elle pas abouti ? Emmanuel Gérard, Widukind De Ridder et Françoise Muller apportent des réponses dans leur livre. Cette équipe d’historiens du CEGESOMA a finalement rencontré un vœu du Sénat : une enquête sur l’enquête. Au départ, Sabine Laruelle, ministre MR du gouvernement fédéral, a refusé le projet. Il a été relancé par l’initiative citoyenne de Véronique De Keyser puis financé par la Fédération Wallonie-Bruxelles et finalement la Wallonie.

Grâce à Jules Raskin, avocat de la partie civile, la copie du dossier judiciaire a pu être sauvée, lors du classement sans suite par le Parquet. Elle se trouve au CArCoB. Heureusement car la Justice a perdu l’original. Ce dossier (10.000 pièces environ) a été le point de départ de la recherche complétée par le dépouillement de nombreuses autres archives officielles et privées.

En conclusion : le parquet de Liège a fait honnêtement son travail mais il a été saboté par les sections politiques de la police judiciaire. André Moyen est au centre de l’affaire. Cet ancien résistant de l’Armée secrète, lié à la Sureté militaire et fondateur d’une agence de lutte anticommuniste, avait informé le ministre de l’intérieur sortant de charge Albert De Vleeschauwer, de l’assassinat et affirmé qu’il connaissait ses auteurs. Plusieurs autres personnes du monde politique et des affaires étaient au courant également, parmi eux Herman Robiliart, haute personnalité de l’Union minière et de la Société générale de Belgique. Robiliart qui, avec d’autres hommes d’affaires, finançait les services de Moyen et a continué à faire appel à eux au Congo, même après l’expulsion de Moyen à la demande de la Sûreté congolaise.

L’enquête, minutieuse et très riche permet de reconstituer l’assassinat de Julien Lahaut et décortique toute la nébuleuse anticommuniste en Belgique pendant la guerre froide. Faute de sources, il n’a pas été possible à l’équipe d’aller plus loin sans sortir d’un travail scientifique.

Restent quelques questions : Moyen était-il le vrai chef du commando qui a tué Lahaut ? De Vleeschauwer en était-il le commanditaire ? Y-a-t-il, (via la CIA ?) un rapport entre l’assassinat de Lahaut, celle des dirigeants communistes péruviens et japonais et les tentatives d’assassinat sur Togliatti et Duclos aux débuts de la guerre froide ?

JP
À lire : Emmanuel Gérard, Widukind De Ridder et Françoise Muller , Qui a tué Julien Lahaut ? Les ombres de la guerre froide en Belgique, Renaissance du livre, 2015.

 

 

Sur la piste de Yu Bin - Un film de Jean-Christophe Yu, sorti en janvier 2016.

 

Voici la famille de Yu Bin. Son père avait participé à la révolution républicaine de 1911 et avait des ambitions pour son fils qu’il envoie étudier en Europe. Après bien des pérégrinations, Yu Bin se retrouve à l’école polytechnique de Liège. Il rencontre et épouse une Liégeoise. Un fils naît : Georges Yu. Poussé par les difficultés de la vie, et appelé par sa famille, Yu Bin rentre en Chine et se reconvertit dans l’acupuncture.

Mais quel rapport avec l’histoire du communisme ? Il se fait que Georges Yu épouse Fanny, fille de communistes : Paul Renotte, artiste, échevin des Beaux- Arts de la Ville de Liège après la guerre et Jeanne Massart, infirmière accoucheuse, pionnière de l’accouchement sans douleur, proche de Willy Peers. Le jeune couple s’engage, milite à Paris et à Liège et participe aux festivals mondiaux de la jeunesse des années 1950. Le film de Georges Yu Les rues de Liège, réalisé en 1956, est truffé de références discrètes au parti communiste. Leurs fils Maxime et Jean-Christophe rejoignent la jeunesse communiste des années 1970-1980. Ils restent aujourd’hui fidèles à leurs idéaux.

De l’autre côté de la planète, Yu Bin s’enthousiasme pour la révolution de 1949, puis déchante, critique le « grand bond en avant » et est condamné à 15 ans de camp de rééducation. Il ne survivra pas. Une autre branche de la famille, membre du PC Chinois, traverse toutes les turbulences et finit par retrouver les Yu de Liège et leur annonce la réhabilitation officielle de leur grand-père.

Le film de Jean-Christophe Yu est remarquable par sa recherche historique. Ignorant tout de Yu Bin, il suit sa piste à partir d’une correspondance postale léguée par son père. Car si Yu Bin a refusé de faire venir sa femme et son fils en Chine, il a entretenu un échange de lettres avec eux et s’est préoccupé de leur sort tant qu’il a pu. Jean Christophe Yu a consulté de multiples archives dont certaines au CArCoB et mis en parallèle son histoire familiale avec l’histoire de la Chine, s’appuyant sur de nombreux extraits de films d’époque.

Il aboutit à une œuvre cinématographique dense qui donne un éclairage intimiste sur l’engagement et le profond humanisme des communistes de base au 20ème siècle.

Jules Pirlot
Sur la piste de Yu Bin a été projeté à Bruxelles, à Liège et à Paris. Le film a été diffusé sur les antennes de la RTBF et est disponible en DVD (sur commande au CArCoB).
 

Jean-Christophe YU a confié au CArCoB un disque dur externe contenant toute la filmographie de son père aujourd’hui décédé, la sienne jusqu’en 2014 ainsi qu’une masse de photos, bouts de film, extraits de reportages télévisés relatifs à l’histoire du PCB, l’activité de la Fondation Joseph Jacquemotte et de l’Association culturelle Paul Renotte. L’inventaire est accessible au CArCoB.

En vente au CArCoB au prix de 15€ À acheter sur place ou par correspondance.

 

 

MOREEWS, Alain, La grève des mineurs du Borinage (Belgique, 1932 - 1936). Cinéma et littérature, Paris, L’Harmattan, 2015. 260 p.

 

Depuis sa résurgence dans les années soixante, nous disposons de nombre d’ouvrages qui ont tiré de l’ombre l’aventure du film Misère au Borinage d’Henri Storck et Joris Ivens présenté à Bruxelles en mars 1934, dont le remarquable numéro double de la Revue Belge de Cinéma du printemps 1984, dirigé par Bert Hogenkamp et Henri Storck. Voici un nouvel ouvrage qui a le grand mérite de replacer l’aventure de ce film d’avant-garde dans son contexte politique et idéologique national et international. Brossant le portrait des acteurs dans les grands flux qui balaient le monde intellectuel des années trente, les orientations successives de l’Internationale communiste, le surréalisme, le marxisme et l’antifascisme, il fait émerger les figures des cinéastes, les contours des associations créées pour mener ces combats. Jean Fonteyne, Pierre Vermeylen, André Gide, Aragon, André Thirifays, les équipes successives des trois versions de Borinage défilent tour à tour dans un tumultueux ballet dont on a parfois quelque difficulté à suivre les enchaînements. Notre auteur a tout lu, tout vu sur le sujet et nous offre en 250 pages une remarquable synthèse sur ce film qui fit de la Belgique une pionnière du documentaire social, ce qui visiblement, à l’époque de sa sortie, ne fut pas évident, même pour ses initiateurs.

J.G.
 

 

Quelques Masters et Doctorats en histoire et sociologie

- BOLLE, Francine, La mise en place du syndicalisme contemporain et des relations sociales nouvelles en Belgique (1910 - 1937), t.1 et 2, thèse de Doctorat, ULB, 2014. Cette très importante thèse retrace notamment la politique syndicale menée par le PCB entre les deux guerres.

- THOMAS, Adrian, « Une telle indiférence ». La présence communiste dans les entreprises belges de l’après-guerre (1945 - 1948), Mémoire de Master, ULg, 2015. Ce travail concerne également la pratique syndicale.

Ces deux travaux ont fait partie avec la thèse d’Anne-Sophie Gijs, Le pouvoir de l’absent, des candidats au Prix du CArCoB, édition 2015. Le rapport du jury est consultable sur notre site internet : http://CArCoB.eu/IMG/pdf/prix_15_ra...

- BERNARDO Y GARCIA, Luis Angel, Le ventre des Belges. Miracle économique et restauration des forces du travail. Origines et développement de la politique alimentaire du second immédiat après-guerre (1914 - 1948), thèse de Doctorat, ULB, 2015. Ce travail extrêmement fouillé retrace, notamment, d’une manière toute nouvelle et éclairante, et au-delà des clichés, la politique menée au gouvernement par le secrétaire général du PCB, Edgar Lalmand, alors ministre du Ravitaillement.

Enfin deux chercheurs italiens éclairent l’activité et la politique des communistes italiens en Belgique :

- AMODEO, Mario, Il PCI a Bruxelles. Le relazioni tra i partiti comunisti italiano e belga negli anni dell’eurocomunismo (1974 - 1979), Tesi di Laurea, Università di Pisa, 2015.

- GANCI, Elisa, Comunisti e socialdemocratici a confronto. L’emigrazione italiana in Belgio (1946 - 1969), Tesi di Dottorato, Università degli Studi di Catania, 2015.

Rappelons que la consultation de ces travaux déposés au CArCoB, nécessitent l’autorisation de leur auteur.

 

 

Trouvaille historique sur Youtube...

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Interviews with Buchenwald concentration camp
survivors, 26/04/1945, Capture d’écran, source
Youtube.

Voici une trouvaille historique issue de Youtube. Nous découvrons Jean Blume interviewé par un cinéaste militaire américain le 26 avril 1945, plusieurs jours après la libération du camp de Buchenwald. Cette archive filmique de 11 minutes nous présente une série d’interviews de détenus du camp.
Jean Blume a été rédacteur à la Voix du Peuple et dirigeant de la JGSU clandestine. Il fut incarcéré à Breendonk et déporté à Buchenwald. Après-guerre il fut l’un des dirigeants du PCB, siégeant notamment à la direction fédérale bruxelloise, au Comité Central et au Bureau Politique.

Cette découverte nous a été transmise par son fils Paul Blume. → https://youtu.be/BRckh0ObfMU

 

 
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Acquisitions récentes de la bibliothèque

Le CArCoB est non seulement un centre d’archives mais il recèle également une riche bibliothèque en matière d’histoire des communismes et des événements, luttes et mouvements en rapport avec ceux-ci, en Belgique et à l’étranger. Le Centre continue d’accroître régulièrement cette bibliothèque spécialisée, véritable outil pratique. Nous vous proposons de découvrir ses dernières acquisitions.

Le CArCoB est non seulement un centre d’archives mais il recèle également une riche bibliothèque en matière d’histoire des communismes et des événements, luttes et mouvements en rapport avec ceux-ci, en Belgique et à l’étranger. Le Centre continue d’accroître régulièrement cette bibliothèque spécialisée, véritable outil pratique.

 

COLLART, Jacques, « Désiré Desellier (1885 - 1942). Député communiste à Châtelet et sa famille militante », in Le vieux Châtelet. 54ème annuaire, Édition Société Royale d’Histoire « Le Vieux Châtelet », 2014.

« … Ni temps passé, ni les amours reviennent..., écrit Apollinaire. Le poète fustige l’impitoyable fluidité du temps, titillée par l’amnésie collective.
En 1959, la ville de Châtelet tente de combler cette ingratitude mémorielle. Elle reconnaît la notabilité du député communiste Désiré Desellier en lui dédicaçant une rue éponyme dans le lotissement d’habitations sociales de la cité des Chasseurs. Oscar Bricoult, député permanent, l’accompagne dans ce discernement public. Ainsi, durant d’inexorables décennies, ces frères ennemis politiques vont-ils, virtuellement par ce clin d’œil ironique, continuer à se coudoyer, à se colleter comme au temps de leurs confrontations partisanes.
Mais, impitoyables, s’écoulent les années qui projettent dans l’oubli ces figures châtelettaines aujourd’hui méconnues.
Via les archives consultables et en essayant de la cadrer au mieux dans le paysage politique de l’époque, je vous invite à partager cette biographie de Désiré Desellier et de sa famille, infatigables militants, fidèles à l’idéal progressiste de justice sociale.
Mais d’abord, posons cette simple interrogation : par quelle alchimie sociétale cette modeste famille ouvrière va-t-elle, père et enfants, adhérer ou rejoindre le communisme ? »

Jacques Collart
 

CONWAY, Martin, Les chagrins de la Belgique. Libération et reconstruction politique 1944 - 1947, Bruxelles, CRISP, 2015.

La libération de la Belgique par les troupes alliées en septembre 1944 marqua la fin d’une occupation allemande particulièrement dure. Ce fut aussi le début d’une période turbulente et décisive dans l’histoire du pays. La transition entre guerre et paix n’eut rien de facile, bien au contraire. Les forces politiques concurrentes que représentaient le roi Léopold III et ses partisans, l’ancien gouvernement en exil à Londres et les mouvements de résistance s’affrontèrent en un combat acharné, avec le pouvoir politique pour enjeu. Dans les années qui suivirent, un climat constant de crise politique et sociale régna. Les manifestations qu’organisait la Résistance, les grèves et les mouvements de protestation pour ou contre le roi semblèrent menacer le pays d’une guerre civile et d’une dissolution institutionnelle. Dès 1947, pourtant, la Belgique avait atteint une certaine stabilité : les groupes de résistance avaient été marginalisés et le Parti communiste exclu du gouvernement, le roi languissait dans son exil involontaire en Suisse et - c’était là l’élément le plus manifeste - les partis politiques et le régime parlementaire avaient retrouvé la place qui était la leur avant-guerre.
L’ouvrage éclaire, vu du coeur même du pouvoir, l’action du PC et de ses ministres dans cette période.
Martin Conway livre ici une contribution substantielle à l’histoire de la Libération en Europe. Grâce à des archives du plus grand intérêt, il dresse le premier récit du processus de normalisation politique qui permit à la Belgique de s’intégrer à l’ordre politique européen d’après-guerre. Mais il montre aussi que ce succès eut un prix. L’absence de toute réforme politique d’envergure après la Seconde Guerre mondiale exacerba les tensions entre les différentes classes sociales, entre les communautés linguistiques et entre les régions du pays. Les fondements du détricotage de l’État-nation belge qui interviendrait dans la seconde moitié du vingtième siècle étaient ainsi jetés.

 

DELWIT, Pascal, PTB : nouvelle gauche, vieille recette, Liège, Éditions Luc Pire, 2014.

Depuis quelques années, le PTB - le PVDA en Flandre - défraie la chronique politique et médiatique. Le Parti du travail est parvenu à s’imposer comme un interlocuteur, désormais régulier, de la presse audiovisuelle et écrite, et a décroché des résultats d’estime aux élections fédérales de 2010 et aux scrutins communal et provincial de 2012.
Paradoxalement pourtant, le PTB - parti marxiste - léniniste et maoïste né dans les années 1960 - est tout sauf un nouveau parti.
C’est à la suite d’une grave crise interne, après les élections de mai 2003, que le PTB décide d’adopter une toute nouvelle stratégie de communication. Il s’agit désormais d’occulter les éléments qui « fâchent » - son identité marxiste-léniniste, sa proximité avec certains régimes, son projet révolutionnaire, sa piètre considération envers la démocratie représentative - et de ne présenter aux citoyens et aux médias que la « face lumineuse » du parti.
Fruit d’un long travail de recherche enrichi par les interviews de nouveaux et d’anciens militants, cet ouvrage présente l’histoire du PTB et de son réseau d’organisations, le contexte qui a présidé à sa naissance, et propose une analyse spécifique de ce parti dans la période contemporaine.

 

HEINIGER, Alix, Exil, résistance, héritage. Les militants allemands antinazis pendant la guerre et en RDA (1939 - 1975), Neuchâtel, Éditions Alphil - Presses universitaires suisses, 2015.

Ce livre retrace le combat d’Allemands antinazis pendant la Seconde Guerre mondiale et leur héritage politique dans l’après-guerre en République Démocratique Allemande. Forcés à l’exil en tant que membres des partis d’opposition, communistes ou Juifs persécutés par les nazis, ils ont trouvé refuge en Belgique, en France et en Suisse et ont poursuivi leur lutte contre le IIIe Reich.
En juillet 1943, ces antinazis allemands exilés ont fondé des organisations Freies Deutschland afin de fédérer l’opposition et préparer le retour de leurs compatriotes une fois les hostilités terminées. Ils ont mené une lutte multiforme contre le régime nazi, en cherchant à désagréger son armée, en diffusant de la propagande contre lui et en combattant dans des groupes armés.
De retour en Allemagne, ces militants ont participé à la reconstruction de leur pays et à la fondation de la RDA. Ils ont puisé des ressources dans leur espace d’exil pour soutenir le relèvement de l’Allemagne et secourir les victimes des nazis. Mais rapidement, le régime Est-allemand les accuse d’avoir trahi leur engagement communiste en collaborant avec les forces britanniques et américaines pendant la guerre. Enfin, après la mort de Staline, le parti socialiste unifié (SED) leur demande d’écrire leur histoire pour soutenir le discours officiel sur l’antifascisme sur lequel repose sa légitimité.
Pendant toutes ces années, ils sont restés fidèles à leur engagement politique. Ce livre examine les conditions de perpétuation et les reconfigurations de cet engagement. En suivant ces militants sur une longue période, il montre également comment des acteurs et des actrices construisent un héritage politique.

 

LORIAUX, Florence (dir.), Le chômeur suspect. Histoire d’une stigmatisation, Bruxelles, CARHOP - CRISP, 2015.

Dans une société qui conçoit le travail comme un devoir moral engageant la responsabilité individuelle de chacun, l’absence ou le manque de travail rend suspect. Souvent associé à l’oisiveté, « mère de tous les vices », le chômage est à la fois un risque social, contre lequel ont été mises en place des protections collectives, et une réalité vécue de manière personnelle.
Parfois vu comme une victime, le chômeur est aussi souvent soupçonné d’être responsable de sa situation, par manque de formation, par absence de motivation, voir par goût de la paresse. En période de plein-emploi, les sans-emploi sont accusés de vouloir vivre au crochet de la société. En temps de crise, les chômeurs sont perçus comme une menace pour l’ordre social et la démocratie, ainsi que pour les finances publiques et les dispositifs de protection sociale.
Hubert Dewez a été l’un des fondateurs du CARHOP et du CRISP. Syndicaliste et grand historien du mouvement ouvrier belge, il a publié de nombreux et importants ouvrages sous le pseudonyme Jean Neuville. Le second volume de son histoire de la condition ouvrière au 19e siècle est intitulé L’ouvrier suspect. Près de quarante ans après cet ouvrage majeur, Le chômeur suspect se veut à la fois un hommage à J. Neuville et un complément à son œuvre.
En examinant les discours, les représentations, les préjugés et les stéréotypes développés à l’encontre des chômeurs, particulièrement depuis le 19e siècle, ce livre met en avant les différents types de stigmatisation dont les chômeurs sont l’objet depuis plus de deux siècles. Il souligne aussi que cette focalisation sur des boucs émissaires dissimule des enjeux politiques, économiques et sociaux de première importance.

 

MADEIRA, João, História do PCP. Das origens ao 25 de abril (1921 - 1974), Lisbonne, Éditions Tinta-da-china, 2013.

Dans la profonde crise sociale, consécutive à la Première Guerre mondiale, les mouvements revendicatifs, issus de la mouvance anarchiste et syndicaliste, ostensiblement antipolitiques, se sont révélés inefficaces. C’est dans ce contexte que fut créé, en 1921 le Parti communiste portugais (PCP). L’objectif : radicaliser la lutte des masses et conférer à celle-ci une expression politique effective. La fondation du PCP fut aussi inspirée par la fascination et l’influence qu’exerçait alors la Révolution russe.
Le contexte portugais de l’époque, le régime autoritaire qui survécut dans ce pays à la défaite du fascisme international à la suite de la Seconde Guerre mondiale, tout cela poussa le PCP à maintenir une vision politique avant tout pragmatique, visant au renversement de la dictature.
Le PCP fut avant tout un parti antifasciste, héritier de la politique des fronts populaires, privilégiant l’alliance entre les organisations de défense des plus démunis et des secteurs d’inspiration républicaine et socialiste.
De fait, le PCP fut la seule organisation à résister de manière systématique et structurée au régime de l’« Estado Novo » (l’État nouveau)1. À cette fin, le Parti communiste portugais mit sur pied des modèles d’organisations clandestines. Surtout, il catalysa l’action généreuse et courageuse de générations de militants. Lesquels payèrent de lourds sacrifices leur engagement : déportation, exil, prison, torture, quand ce n’était pas la mort elle-même.
Toujours fidèle à l’Union soviétique, bien que pas toujours en accord avec sa politique, le PCP a suivi, dans son histoire, celle du XXe siècle portugais. João Madeira s’est attaché à retracer cette histoire si intense et complexe, offrant de la sorte au public la première grande biographie du Parti communiste portugais. 

1 Appellation donnée au Portugal à la dictature fasciste de Salazar.

 

 
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Prix bisannuel du CArCoB

Édition 2015

Le premier prix CArCoB vient d’être attribué à Anne-Sophie Gijs pour sa thèse de doctorat Le pouvoir de l’absent : les avatars de l’anticommunisme au Congo (1920-1961), Doctorat en histoire, UCL, 2014, qui paraît aux éditions P.I.E. Peter Lang SA-International Academic Publishers.

Le Prix bisannuel du CArCoB a été attribué pour la première fois ce 15 décembre 2015. Distinguant une « contribution scientifique originale à la connaissance historique des mouvements communistes en Belgique », ce prix veut également « stimuler et valoriser les recherches et travaux mettant en valeur la documentation du Centre ».

Six travaux de grande qualité ont été soumis au jury constitué au sein du Conseil scientifique du CArCoB, ce qui témoigne de l’intérêt porté aux études sur le communisme en Belgique et la qualité des sources offertes par le CArCoB. Travail de chercheur confirmé, thèses de Doctorats et Masters en histoire ont ouvert des champs nouveaux et originaux portés par une génération qui pour l’essentiel est postérieure à la disparition de l’URSS et de la plupart des PC. L’ère des histoires justificatrices ou à l’inverse, inquisitoriales, est clairement et heureusement dépassée en Belgique, à l’inverse des batailles idéologiques qui perturbent encore l’historiographie du communisme, en France notamment. La politique d’ouverture totale des archives pratiquées par le CArCoB en est manifestement l’une des causes.

À l’unanimité, le jury a décerné le Prix CArCoB 2015 à Anne-Sophie Gijs pour son étude Le pouvoir de l’absent : les avatars de l’anticommunisme au Congo (1920-1961), Thèse de Doctorat en histoire, défendue à l’UCL en 2014.
L’auteur a réalisé une somme érudite et passionnante qui démontre comment la peur du rouge a véritablement façonné la politique coloniale de la Belgique, et au-delà, du camp occidental, principalement les États-Unis à partir de la guerre, dans ses structures politiques, diplomatiques, administratives et policières. Elle met en scène hommes politiques, dirigeants de sociétés, cadres administratifs, judiciaires, et policiers, étroitement liés, mais aussi, c’est plus rare en « histoire coloniale », les Congolais eux mêmes ! Parallèlement, elle décrit « la réalité de l’absence », c’est à dire qu’elle étudie depuis sa fondation, la position idéologique, la propagande et « l’action » du Parti communiste de Belgique envers le Congo qu’elle inscrit parfaitement dans la ligne générale de l’Internationale communiste et ensuite de l’URSS, voire de la Tchécoslovaquie dans les dernières années. Elle démontre l’inefficacité totale des multiples tentatives de déploiements communistes en direction de la colonie avant 1958 et décrit avec justesse les liens enfin établis et jamais stabilisés à partir de cette date. Elle fait, en passant, justice du « communisme » de Patrice Lumumba sans nier pour autant les liens réels qu’il avait noués avec quelques militants principalement des Jeunesses Communistes.

Tout cela, Anne Sophie Gijs l’assied sur une documentation totalement originale, trouvant des éléments essentiels et précis de « l’action communiste belge » tant à Washington qu’à Londres ou Paris. Elle révèle de manière magistrale les différents aspects des stratégies belge, américaine, française et britannique envers le Congo et ses richesses. Elle a réussi également à exhumer des sources révélatrices à propos de l’URSS et/ou de la Tchécoslovaquie, acteur de terrain important par sa légation, seule « enclave » communiste au Congo.

Nous nous réjouissons d’apprendre la publication de ce travail.

→ GIJS, Anne-Sophie, Le pouvoir de l’absent. Les avatars de l’anticommunisme au Congo (1920-1961), Bruxelles, Peter Lang, 2 vol., 2016. (Vol. 1, 539 p. Vol. 2, 485 p.) 91€.

 
Le rapport du jury sur l’ensemble des travaux est disponible sur le site du CArCoB : http://CArCoB.eu/IMG/pdf/prix_15_ra...

 

 
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Nouveaux fonds d’archives accessibles

Dans cette rubrique, le lecteur pourra découvrir la présentation de fonds d’archives nouvellement accessibles. Parmi eux, la collection des papiers personnels, la correspondance entre Jules Raskin et Patrice Lumumba, les archives personnelles d’Adhémar Hennaut et celles de Gaston Moulin.

La collection des Papiers personnels

La collection des Papiers personnels (une centaine de fonds) rassemble pour l’essentiel les archives privées, d’importance fort variable, d’anciens militants de la Jeunesse et du Parti communiste. Sam Kapanci, détenteur d’un Master en sociologie et engagé à cette fin temporairement au CArCoB, a effectué le relevé systématique de ces fonds pour en permettre l’exploitation. Désormais cet ensemble qui figure sur le site du CArCoB (Collections → Archives → Papiers personnels) est doté d’indications précises. Le chercheur y trouvera en principe l’identité du créateur du fonds, ses dates de naissance et de décès, son parcours militant ainsi que l’importance matérielle des documents. S’ils existent, le lecteur pourra consulter sur le site une notice biographique et le relevé ou l’inventaire. Ce dernier est soit déjà intégré dans notre logiciel Pallas, soit accessible par un document PDF, soit encore consultable en notre salle de lecture. Le développement de cet instrument de recherche se poursuit en permanence.

 

 

Correspondance entre Jules Raskin et Patrice Lumumba

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Portrait de Lumumba fait par Paul Renotte,
paru dans la revue Mensuelle Europe,
Janvier 1962.

Jules Raskin, l’avocat qui a sauvé le « dossier Julien Lahaut » a aussi conservé sa correspondance avec Patrice Lumumba qui fut pour lui plus qu’une relation politique. Il m’a autorisé à la photographier. Une quarantaine de lettres et de documents annexes peuvent désormais être consultés sur les ordinateurs du CArCoB. Pour l’essentiel, il s’agit de lettres écrites à partir de sa prison de Stanleyville en 1959 et 1960, tapées à la machine souvent sur papier pelure. Cette documentation n’apporte rien de nouveau par rapport à l’histoire des faits (voir la thèse d’Anne-Sophie Gijs) mais elle éclaire le caractère vraiment amical des relations entre Lumumba et ses correspondants Jules Raskin et Marcel Levaux. En témoignent ses notes manuscrites de salutation, un bonjour à la fille de Jules Raskin, une enfant que Lumumba avait vue quand il avait logé chez lui. Le bon souvenir de son accueil à Liège et le rêve de faire venir, après l’indépendance, des travailleurs et techniciens liégeois pour participer à la construction du nouveau Congo. Si Lumumba ne fait pas profession de foi communiste, au-delà de son anticolonialisme, il affirme son anti-impérialisme et sait qu’il peut s’appuyer sur les communistes.

Jules Raskin avait conduit Lumumba à l’atelier photographique du Grand Bazar (grand magasin de la place Saint-Lambert à Liège) pour réaliser un beau portrait professionnel. C’est à partir de cette photo que l’artiste communiste Paul Renotte réalise un dessin pour la couverture de la revue Europe consacrée au leader africain assassiné.

Jules Pirlot
 

 

Les archives personnelles d’Adhémar Hennaut

Le CArCoB vient de s’enrichir d’un fond d’une importance capitale pour l’histoire des dix premières années d’existence du PCB ainsi que de différentes mouvances trotskistes. Les archives d’Adhémar Hennaut, 1889-1977 (12 boîtiers), ont été inventoriées par Sam Kapanci qui a consacré son mémoire de maîtrise en sociologie à sa biographie (Sam Kapanci, Entre sociologie et histoire. Parcours d’un militant communiste, Adhémar Hennaut, Master de Sociologie. Bruxelles, ULB, 2013). Ouvrier peintre, A.H., proche de War Van Overstraeten, fonde avec lui le premier PCB et se retrouve à la direction du parti unifié. Militant syndical, parfait bilingue, orateur brillant dans les deux langues, il assure la direction du Roode Vaan. En même temps, il se fait le secrétaire minutieux du Bureau Exécutif et du Comité Central dont ses archives recèlent donc les procès verbaux très développés. De 1921 à 1927, ces PV (qui font défaut dans les archives de l’Internationale à Moscou) sont éclairés de surcroît par une correspondance suivie avec les différents responsables locaux et nationaux du PC et enrichis d’abondants documents, directives et publications. C’est lui qui est en charge de la réorganisation du PC sur base des cellules d’entreprises, la fameuse « bolchévisation ». Ses démêlés avec les directions syndicales offrent également un tableau saisissant de la lutte opiniâtre des dirigeants sociaux-démocrates contre les communistes et témoignent des appuis non négligeables dont ces derniers disposaient à la base. À partir de 1925, Hennaut prend le parti de War Van Overstraeten dans la question russe et suivra celui ci dans la création de l’Opposition, la rupture avec le PCB et les diverses tentatives de mettre sur pied des structures communément appelées « trotskystes », au plan national et international. On peut donc suivre - et Nadia De Beule en avait fait large usage - les avatars des communistes internationalistes jusqu’à la guerre. S’il ne milite plus pendant et après guerre, il garde un contact épistolaire avec bien de ces militants, dont Rosmer et Pannenkoek, avant de cesser toute activité. Sam Kapanci est l’auteur de la notice biographique de Hennaut parue dans le Dictionnaire Biographique du Mouvement ouvrier belge. (http://maitron-en-ligne.univ-paris1...).

 

 

Les papiers personnels de Gaston Moulin

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Gaston Moulin lors du 16e Congrès du PCB,
Bruxelles, 1965, collection CArCoB.

Gaston Moulin naît à Anvers le 18 juin 1911 dans une famille bourgeoise d’origine paysanne et décède le 7 septembre 1981. Il réalise des études d’ingénieur agronome à Gembloux et obtient son diplôme en 1934.
En 1944, il devient membre du Parti communiste. La même année il crée, avec des amis, le Mouvement de Défense Paysanne. C’est en 1951 que Moulin intègre le Comité Central du Parti ainsi que la Commission Nationale Paysanne. Trois ans plus tard, il rentre dans le Bureau Politique. Durant sa carrière politique au sein du PCB, Moulin est élu comme représentant à la Chambre de l’arrondissement de Nivelles de 1958 à 1961. De 1961 à 1965, il devient député pour l’arrondissement de Bruxelles grâce à son ami Jean Blume qui lui cède son mandat à la Chambre. Il est réélu une seconde fois en 1968 pour représenter l’arrondissement de Bruxelles. En 1971, il quitte le PCB et décide de rejoindre le FDF. Il ne reste que quatre ans au sein du parti fédéraliste francophone et met un terme à ses activités politiques en 1975.

Ce dernier a laissé au Parti un fonds de sept boîtes, couvrant une période qui débute en 1951, date à laquelle il accède à la direction du Parti, et qui s’achève en 1967. S’y trouvent des documents de travail et des notes manuscrites liés à ses fonctions de dirigeant, relatifs aux réunions du Comité Central, du Bureau Politique, du Secrétariat, des congrès nationaux et des congrès fédéraux. Une boîte concerne son activité au sein de la Commission Nationale Paysanne et témoigne d’un intérêt qui lui a beaucoup porté à cœur : le monde agricole et les paysans. La direction du Mouvement de Défense Paysanne qu’il a assumé plusieurs années atteste également de cette préoccupation. Deux chemises concernent d’ailleurs au sein du fonds les VIe (1956) et VIIIe (1960) congrès de cette organisation. Sa correspondance en tant que dirigeant et député du parti a été soigneusement conservée mais ne couvre que la période 1958-1965 avec des trous pour les années 1961, 1962 et 1964. Enfin, le fonds renferme des archives qui sont plus particulièrement liées à l’activité parlementaire de Moulin et qui se concentrent sur des questions telles que le déclin de l’industrie charbonnière, la situation des travailleurs de l’hôtellerie, la libération des inciviques Elias et Hellebaut ou encore la construction du Canal Escaut-Rhin.

François Belot
 

 

Les archives du Cercle d’éducation populaire (CEP)

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Affiche d’une soirée poésie du Cercle d’Éducation
populaire, collection du CArCoB.

Le Cercle d’éducation populaire est une association culturelle créée par deux militants du Parti communiste, les époux Sarah Arbuz et Henri Sonnenbluck, qui fut active à Bruxelles pendant 40 ans, de 1956 à 1996. Propulsé par le talent de conférencier de Bob Claessens, docteur en droit et membre du Comité Central du Parti affecté au travail culturel, le CEP (d’abord appelé Cycle d’éducation populaire) a eu pour vocation de proposer des conférences, des brochures et des cahiers de textes de conférences, des visites guidées, des ateliers et des voyages à un large public. Les époux Sonnenbluck éditaient également un bulletin d’information mensuel puis bimensuel ainsi qu’une « Librairie Express » visant à diffuser les ouvrages de leurs conférenciers invités, parmi lesquels on note de nombreux militants – Isabelle Blume, Ernest Mandel, Jacques Lemaître, Rosine Lewin… – et intellectuels engagés – Willy Peers, François Houtart, Dominique Pire, Marcel Liebman… – non seulement belges mais aussi français – Roger Garaudy, Gisèle Halimi, Étienne Balibar, Henri Guillemin… À son apogée, le CEP comptait plus de 3 800 membres, organisait des voyages à l’étranger durant parfois plusieurs semaines et proposait de nombreux ouvrages via les Éditions du CEP.

Les archives du CEP contiennent notamment une quantité importante de papiers personnels de Bob Claessens, consistant en des brouillons de textes de conférences ou de visites guidées, notes de lecture et maquettes de publications. Le fonds comprend également plusieurs documents administratifs de la Fondation Bob Claessens-Fonds, une association fondée en 1971 à la mémoire de Bob Claessens « sans considération d’option, de langue ou de milieu ». L’association co-édita avec les Éditions du CEP la biographie du conférencier, Bob Claessens : le temps d’une vie, préparée par Odette Henri, rédigée par Colette Fontaine et dont les textes de préparation, notes et transcriptions d’entretiens avec des proches sont disponibles en formats manuscrit, tapuscrit et en cassettes. Enfin, les archives du CEP contiennent aussi plusieurs documents, textes et carnets de travail des époux Sonnenbluck : bulletins renvoyés avec messages d’insulte, brouillons des bulletins d’information, questionnaires à propos des activités du CEP remplis par ses membres, prospectus de théâtres et de musées, maquettes relues de diverses publications… et également quelques objets tels que des tampons et des plaques « CEP », des pellicules, des affiches, des cartes postales.

Ce fonds, composé de quelques 2 mètres linéaires, donne un aperçu de la forme que pouvait prendre une association culturelle destinée à un large public dans la deuxième moitié du XXe siècle et du succès qu’a pu rencontrer une telle entreprise, pourtant initiée avec des moyens modestes et qui parvint à diversifier grandement ses activités.

Benjamin Peuch
 

 
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La photothèque du CArCoB

Notre catalogue Pallas, accessible par le site carcob.eu, vient de s’enrichir de notre collection de photographies du début du XXème siècle à 1959. Ces photographies illustrent le parcours du Parti communiste de Belgique et de ses fondateurs ainsi que les grands événements sociaux et politiques du XXème siècle en Belgique principalement.

Comme nous l’avions mentionné dans notre précédente Lettre, notre catalogue Pallas, accessible par le site www.carcob.eu, vient de s’enrichir de notre collection de photographies du début du XXème siècle à 1959. Ces photographies illustrent le parcours du Parti communiste de Belgique et de ses fondateurs ainsi que les grands événements sociaux et politiques du XXème siècle en Belgique principalement. La majorité des photographies proviennent des collections de presse du PCB, Le Drapeau Rouge, Le Drapeau Rouge Magazine, La Voix du Peuple et De Rode Vaan. D’autres proviennent d’agences de presse belges ou étrangères ou encore de dons personnels ou d’organisations.

Les photographies ont accompagné puis, peu à peu, remplacé les dessins qui, jusqu’à la fin de la guerre, servaient d’illustrations dans les organes de presse du parti le Drapeau rouge et la Voix du peuple. Le décès de Joseph Jacquemotte, fondateur du parti, en octobre 1936 est le premier évènement qui a occasionné la publication de nombreuses photographies dans le journal.

< p align="justify">La photothèque couvre l’actualité sociale, politique nationale et internationale de cette période. De très nombreuses photographies témoignent des multiples manifestations et campagnes de ces années. Dans les années vingt et trente : grève du textile et action du Secours ouvrier international, meeting contre la guerre impérialiste, grèves de 1932, campagne de solidarité pour l’Espagne, manifestation contre les lois d’amnistie, manifestation contre Degrelle. On trouve également des photographies de congrès : congrès de l’Internationale des travailleurs de l’enseignement en URSS en 1925, congrès de la Centrale révolutionnaire des mineurs en 1927. Après la Seconde Guerre mondiale, on manifeste pour la baisse des prix, la hausse des pensions et la défense de l’emploi. Mais ce sont surtout les manifestations antiléopoldistes, antifranquistes et les nombreuses manifestations pour la défense de la paix et de la démocratie qui impressionnent la pellicule. Les actions de l’Union belge pour la défense de la paix (UBDP), du Rassemblement des femmes pour la paix (RFP), du Conseil mondial pour la paix (CMP) sont largement illustrées. On trouve également de nombreux clichés des funérailles de personnalités « cultes » du monde communiste ainsi que des portraits de militants tombés au combat durant la guerre.

Un autre aspect de la photothèque est la représentation de la vie culturelle de l’époque : fêtes du Drapeau rouge, festivals de la Jeunesse populaire, camps de pionniers. Figurent aussi des évènements plus remarquables : l’adhésion au parti de René Magritte en 1945, l’exposition organisée par l’Amicale des Artistes communistes dans les locaux de la presse communiste à Bruxelles en 1947 et le gala cinématographique au profit des prisonniers politiques malades, deux évènements rehaussés par la présence de la Reine Elisabeth. Plusieurs clichés illustrent par ailleurs le voyage de celle-ci en Union soviétique en 1958. En 1956, la semaine du festival du cinéma soviétique vit la venue dans la Maison de la Presse communiste du cinéaste Serge Bondartchouk, réalisateur de Guerre et Paix.

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Collection CArCoB.

Lancée en 1950 par le gouvernement français, l’idée de la création d’une armée européenne qui implique le réarmement de l’Allemagne soulève, au-delà des communistes, une opposition qui traverse tous les courants politiques. C’est le grand thème d’action de l’Union belge de la défense de la paix qui développe notamment des démonstrations « à l’américaine » : femmes et hommes-sandwichs déambulent sur les grands boulevards. Ici le 8 mars 1952 : Xavier Relecom, ancien secrétaire et député du PCB, Isabelle Blume, Marthe Deguent, fille de Camille Huysmans, Philippe Gratvol, militant UBDP, Rosie Holender, secrétaire générale de l’Union belge de défense de la paix (UBDP) et, en queue de file, le Baron Allard, de Stop-War, fondateur d’Oxfam et membre de l’UBDP.

La collection des photographies d’après 1959 est rangée par décennies et par thèmes : manifestations, commémorations, fêtes, personnes… Jusqu’aux années septante les descriptions sont assez précises, ce travail est à achever pour les photographies datant des années quatre-vingt et nonante. Elles sont cependant toutes consultables par les chercheurs.

Marie-France Hanon, CArCoB
 

 
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Du côté du DACOB

Le DACOB est l’homologue néerlandophone du CArCoB avec lequel il gère les archives émanant du Parti communiste de Belgique (KPB/PCB). Le DACOB gère aussi les archives d’organisations liées au parti comme celles du Masereelfonds, d’IMAVO et une bibliothèque contenant des journaux (locaux) et des brochures édités par le KPB et ses organisations. La bibliothèque détient également des milliers de publications émanant d’autres organisations ouvrières et communistes mondiales et des éditions ayant pour thèmes : le marxisme, la résistance, le mouvement de la paix, la guerre civile d’Espagne, la guerre froide etc.

Le DACOB est l’homologue néerlandophone du CArCoB avec lequel il gère les archives émanant du Parti communiste de Belgique (KPB/PCB). Le DACOB gère aussi les archives d’organisations liées au parti comme celles du Masereelfonds, d’IMAVO et une bibliothèque contenant des journaux (locaux) et des brochures édités par le KPB et ses organisations. La bibliothèque détient également des milliers de publications émanant d’autres organisations ouvrières et communistes mondiales et des éditions ayant pour thèmes : le marxisme, la résistance, le mouvement de la paix, la guerre civile d’Espagne, la guerre froide etc.

Depuis 2013 un vent de renouveau souffle sur le DACOB. Des fonds d’archives sont ouverts à la recherche grâce à la parution des inventaires consultables sur le site http://www.dacob.be/ sous format pdf ou via le catalogue en ligne Pallas.

 

Quelques archives et fonds personnels

 

En dehors des inventaires des organes centraux du parti communiste, le DACOB a commencé l’intégration progressive des fonds des fédérations flamandes. Le fonds le plus important est celui de la Fédération d’Anvers avec 12 mètres linéaires. On peut y retrouver notamment des informations relatives aux activités dans le port d’Anvers ou aux élections locales. Les archives des fédérations de Gand et du Limbourg sont plus modestes (inventaires consultables en ligne). L’inventaire de la fédération d’Alost – Denderstreek (7 mètres linéaires) est en cours de finalisation

 

On retrouve également beaucoup d’informations sur les fédérations dans les papiers personnels qui sont aussi peu à peu intégrés dans Pallas.

 

Le fonds personnel d’Eddy Poncelet met en lumière l’histoire de la Jeunesse communiste flamande, la politique à Ostende ou encore ses propres engagements pendant la crise (post)coloniale au Congo. Les papiers personnels Verhelst-Maréchal comblent des lacunes présentes dans les archives des fédérations de Gand ou de Denderstreek. D’autres fonds personnels comme celles de Ferdinand Minnaert (Gand), Hugo Benoy (Anvers) ou Mark Braet (Brugges) illustrent le rôle joué par ces militants dans le parti et d’autres organisations.

 

Davantage de fonds de papiers personnels seront accessibles en 2016.

 

La presse communiste en Belgique/Flandres

 

La majeure partie des brochures locales du KPB et de la presse d’entreprise (postérieure à 1948) est déjà indexée dans Pallas, ainsi que la presse de la Jeunesse communiste flamande et la collection du VMT (Vlaams Marxistisch Tijdschrift).

 

En 2014, une collaboration importante entre le DACOB et la Bibliothèque Royale de Belgique a abouti au microfilmage de toute la collection du journal De Ro(o)de Vaan. Les visiteurs peuvent désormais consulter l’organe de presse principal du KPB et homologue néerlandophone du Drapeau rouge dans la salle de lecture sans abîmer la collection imprimée.

 

La Bibliothèque

 

La bibliothèque du DACOB contient d’une part des publications du KPB et d’autre part une vaste collection de périodiques d’autres partis européens comme ’Politiek en Cultuur’ (Pays Bas), Neues Deutschland (Allemagne), Morning Star (Angleterre), etc.

 

Comme au CArCoB, on y trouve aussi des publications d’autres mouvements de la gauche (maoïstes, trotskistes, socialistes, …) ou encore des ouvrages de référence. Le DACOB a non seulement pour but l’étude historique du PCB / KPB, mais aussi celle des différentes formes du marxisme et mouvements progressistes mondiaux / internationaux.

 

C’est avec cette philosophie en tête que le DACOB gère depuis fin 2015 la bibliothèque de l’asbl Les amis de Cuba (Vrienden van Cuba vzw) composée d’un millier de livres et périodiques – essentiellement en espagnol. Cette collection contient des oeuvres politiques, sociales et économiques ainsi qu’une sélection de littérature cubaine et latino-américaine.

Theun Vonckx
 
Pour plus de renseignements : DACOB, 33 rue de la Caserne - 1000 Bruxelles www.dacob.be dacob@skynet.be Ouvert sur rendez-vous du mardi au jeudi de 13h à 17h

 

 
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En vente au CArCoB

Nous vous rappelons que les ouvrages suivants sont en vente au CArCoB (à acheter sur place ou par correspondance).

Nous vous rappelons que les ouvrages suivants sont en vente* au CArCoB :
* À acheter sur place ou par correspondance.

 

Jean Lemaître, Louis Van Geyt. La passion du Trait d’Union. Regards croisés sur le Parti communiste de Belgique (1945-1985). Libres entretiens avec Jean Lemaître, Arquennes, Bruxelles, co-édition Mémogrames/CArCoB, 2015. 413 p.
30€

 

Jean-Christophe Yu, Sur la piste de Yu Bin, DVD.
15€

 

Morgan Di Salvia, Progrès films, un demi-siècle de distribution cinématographique en Belgique, Cuesmes, Éditions du Cerisier, Bruxelles, Éditeur scientifique CArCoB, 2015, 240 p.
18€

 

« Noirs dessins du communisme. Caricatures et dessins d’humour dans la presse communiste en Belgique (1921 - 1990) », in Cahiers Marxistes, n° 243, Novembre - Décembre 2013, 150 p.
10€

 

José Gotovitch, Du communisme et des communistes en Belgique. Approches critiques, Bruxelles, Éditions Aden, avec le concours du CArCoB, 2012, 436 p.
23€ (prix spécial CArCoB)

 

Jules Pirlot, Julien Lahaut, vivant, Cuesmes, Éditions du Cerisier, Bruxelles, Éditeur scientifique CArCoB, 2010, 191 p.
12€50

 

 
Pour commander l’un de ses ouvrages, veuillez contacter le CArCoB par courrier, mail ou téléphone. CArCoB, 33 rue de la Caserne - 1000 Bruxelles. carcob@skynet.be 02/513.15.83. ou 02/513.61.99. Dès réception de votre payement sur le compte IBAN BE53 0011 6085 2853 nous vous enverrons votre commande.

 

 
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Éditorial

Si les archives du CArCoB n’existaient pas, les six travaux de haute qualité qui ont concouru pour le prix CArCoB n’existeraient pas non plus ou du moins seraient beaucoup moins complets. Sans parler de plusieurs thèses, mémoires, travaux de séminaires qui souffriraient d’une absence d’archives concernant le communisme. Le CArCoB est régulièrement sollicité pour diverses recherches, que ce soit pour la presse, le cinéma, des auteurs étrangers ou des particuliers.

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Personnel de la Maison de la presse communiste,
195X, Collection du CArCoB, PHO 1130.

Si les archives du CArCoB n’existaient pas, les six travaux de haute qualité qui ont concouru pour le prix CArCoB n’existeraient pas non plus ou du moins seraient beaucoup moins complets. Sans parler de plusieurs thèses, mémoires, travaux de séminaires qui souffriraient d’une absence d’archives concernant le communisme. Le CArCoB est sollicité pour des photos à paraître dans la presse, par le cinéma à la recherche d’archives filmiques, par des auteurs étrangers, mais aussi par des particuliers qui font une recherche sur leurs grands-parents et sont heureux de trouver un texte, un article de presse, une photo…
Bref, le CArCoB rend un service au public qui justifie pleinement ses subventions publiques et l’emploi de ses archivistes sans qui il n’existerait pas.

 
Jules Pirlot
Président du CArCoB
 

 
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