Lettre du CArCoB n°3 - Mai 2015

Editorial

Le CArCoB possède, lui-même, sa propre histoire. Il y a 20 ans le département "archives" de la Fondation Joseph Jacquemotte entamait les démarches pour sa reconnaissance par la Communauté française de Belgique. L’année prochaine, nous fêterons le 20ème anniversaire de son installation 33 rue de la Caserne, dans les anciens locaux du Drapeau rouge.

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Bruxelles, Fête du travail, Vue de la manifestation
organisée par le PCB, 1er mai 1952, CArCoB.
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Maison de la Presse communiste,
33 rue de la Caserne à Bruxelles,
[195X], CArCoB.

Le CArCoB a déjà, lui-même, une histoire. Il y a 20 ans le département "archives" de la Fondation Joseph Jacquemotte entamait les démarches pour sa reconnaissance par la Communauté française de Belgique. L’année prochaine, nous fêterons le 20ème anniversaire de son installation 33 rue de la Caserne, dans les anciens locaux du Drapeau rouge. Il y a 15 ans le CArCoB est devenu une ASBL à part entière. 2015 est la dernière année de la convention quinquennale qui le lie à la Fédération Wallonie-Bruxelles en vertu du décret sur les Centres d’archives privées. Le CArCoB déposera un rapport pour demander une nouvelle convention 2016-2020. On mesure le chemin parcouru depuis l’époque où il reposait sur les épaules du regretté Milou Rikir travaillant seul, à temps partiel !
S’il a une mission de conservation du passé, le CArCoB est tourné vers l’avenir, porté par deux archivistes permanentes et le renfort temporaire d’une étudiante et de stagiaires. Une nouvelle salle de lecture a été inaugurée en 2013. Le site web a été renouvelé en 2014. Il propose des documents audio-visuels, les actes des colloques du CArCoB, des publications numériques sur l’histoire du PCB, des biographies etc, et l’accès au catalogue en ligne Pallas dont le lecteur trouvera une présentation détaillée dans ce numéro de La lettre du CArCoB. Un réaménagement des fonds pour une utilisation plus rationnelle des locaux et un inventaire général sont en cours. Le Conseil scientifique et l’Assemblée générale ont adopté un plan pluriannuel de numérisation. Le CArCoB est entré dans le 21ème siècle.

Jules Pirlot

 

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Noirs dessins du communisme - Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle

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Jo Dustin, Le Drapeau rouge, 01/04/1981, p.1.
Leo Tindemans, alors président du CVP veut supprimer
l’indexation des salaires. Dans les années qui suivent, le
gouvernement Martens-Gol (social-chrétien / libéral)
supprime trois indexations et dévalue le franc belge au
nom de la compétitivité.

L’idée de réaliser un projet autour de la caricature et du dessin politique dans la presse communiste au XXème siècle répond au désir de Jacques Moins, ancien président du CArCoB aujourd’hui décédé, ayant à dessein de réunir humour et communisme.
Un travail de publication aboutit à la parution fin 2013 d’un numéro des Cahiers Marxistes, rebaptisés pour l’occasion "L’écailler marxiste", consacré aux "Noirs dessins du communisme" (Cahiers Marxistes, n°243, nov.-déc. 2013). Au travers de ce numéro, des études et témoignages posent la question de la place et du rôle de l’humour chez les communistes, au travers des dessins et caricatures. À la suite de cette publication, le projet d’une exposition vit le jour.
« La caricature vise à faire rire ou du moins à ironiser. Le Parti communiste de Belgique (PCB) attaque tour à tour, le trône, l’Église, les États-Unis, le militarisme, la droite, le patronat et les socialistes, mais jamais les dirigeants syndicaux. Ce que n’hésite pas à faire la presse maoïste qui s’en prend aussi au PCB et à l’URSS. Le dessin politique, de son côté revêt parfois un aspect lyrique, voir tragique, quand il exprime pas son esthétique, la solidarité avec les opprimés.
La presse communiste, au sens large, n’a pas recouru systématiquement à l’illustration graphique. À certaines périodes, la présence de dessins n’est liée qu’à la rencontre très éphémère avec les communisme, d’artistes ou d’amateurs qui ont un bon coup de crayon.
Le Drapeau rouge est alimenté par des graphistes pendant les années 1920. La Voix du peuple, le quotidien lancé en 1936, est pauvre en dessins, il reprend de temps en temps des caricatures françaises de L’Humanité ou de la presse soviétique. au début des années 1950, Le Drapeau rouge publie une caricature quotidienne de Didier Geluck (alias Diluck), mais à partir de 1954, accaparé par ses obligations professionnelles, celui-ci ne dessine plus qu’occasionnellement. Il n’est pas remplacé. Le Drapeau rouge magazine du week-end comporte une page de dessins humoristiques qui n’ont rien de politique. Dans sa version hebdomadaire des années 1960, Le Drapeau rouge ne publie pas de dessins, mais l’édition quotidienne à partir de 1972 reçoit le renfort d’une jeune équipe très prolifique. Le journal achète en outre la série anticléricale Les Pèlerins que Jost avait bien de la peine à placer dans la presse commerciale. Dans les journaux de la jeunesse et dans les bulletins de sections ou de cellules, tout dépend de la participation militante de caricaturistes. Des dessinateurs de talent prêtent aussi ponctuellement leur crayon à la presse trotskyste et à celle d’AMADA-TPO. Dans cette exposition, caricatures et dessins sont présentés au travers des cinq thématiques "L’adversaire politique, le trône et l’autel", "la société en question", "Guerre à la guerre !", "Prolétaires de tous les pays unissez-vous !", "La gauche contre la gauche". »

 

Extraits du livre d’or de l’exposition

 
Si on donnait le cours d’histoire et de politique de manière si visuelle, peut-être pourrions-nous voir plus clair...
Merci de raviver nos oublieuses mémoires.
Certaines caricatures qui datent de plus de trente ans semblent avoir été dessinées aujourd’hui même ! Bravo !
Prachtige tentoonstelling ! In zijn anti-kapitalism maar ook in zijn aandacht voor de verdeeldheid van links.
 

"Noirs dessins du communisme. Caricature et dessin politique dans la presse communiste au XXème" fait l’objet d’une collaboration du Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB, du CArCoB, de l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale et du Mundaneum. La Formation Léon Lesoil, l’Institut d’Études marxistes et les Archives de Solidaire participèrent également. Programmée par ULB Culture, l’exposition ouvrit du 13/03 au 04/04 et vit quelques 850 personnes pousser ses portes. Durant sa conception et mise en place, l’équipe en charge fut frappée par l’actualité de certains dessins. Il en fut de même pour bon nombre de visiteurs. Beaucoup nous firent remarquer à quel point il serait intéressant et important de rendre cette exposition itinérante et de la montrer notamment au plus jeunes. Cette suggestion n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, et l’équipe s’attelle actuellement à donner aux "Noirs dessins du communisme" la possibilité de voyager.

 

Amandine Verheylewegen

 
Pour tous renseignements concernant l’exposition, vous pouvez prendre contact avec le CArCoB :
Tel : 02/513.15.83 - Mail : carcob@skynet.be
Ou sur le site internet : www.carcob.eu
 

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Bientôt une histoire de Progrès films

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Didier Geluck et le réalisateur Andréï Tarkovski,
© DR, Coll. Famille Geluck.
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Façade décorée du cinéma Avenue à Bruxelles,
début des années 1960, lors de la sortie du film
"Les chevaliers teutoniques" d’Aleksander Ford,
Pologne 1961, DR, Coll. Famille Geluck.

En 1950, le Parti communiste crée Progrès films pour diffuser des films soviétiques. En 1955, Didier Geluck en prend la direction. Militant, il paye de sa personne en livrant des bobines à vélo. Le succès vient avec de grands films comme Quand passent les cigognes. Découvreur de talents, il fait de Progrès films une société de distribution qui se démarque des autres en distribuant principalement du cinéma de qualité produit à l’Est avec des réalisateurs tels que Roman Polanski et Milos Forman, ainsi que des films réputés peu commerciaux comme L’année dernière à Marienbad et Yol.
Fournisseur de nombreux cinéclubs, Progrès films est reconnu par la presse de tout bord et par la Cinémathèque dont il enrichit considérablement les collections avec ses copies de films de fiction, d’animation et documentaires. À l’occasion du 50ème anniversaire de Progrès films célébré par la Cinémathèque, Philippe Geluck fils réalise à cette occasion le dessin de l’invitation en hommage à son père. Mais la roue du temps tourne. L’effondrement du cinéma à l’Est après 1989, la concurrence de la cassette vidéo et le rouleau compresseur du cinéma commercial ont raison de Progrès films mis en liquidation en 2002.
Son histoire fait l’objet d’une publication par Morgan Di Salvia, Progrès films, un demi-siècle de distribution cinématographique en Belgique, édition du Cerisier. Gabrielle Claes y écrit une solide introduction et José Gotovitch une préface. Philippe Moins ajoute un témoignage, souvenir de son père Jacques, qui avant d’être président du CArCoB avait été celui de Progrès films. Betty Coletta a enrichi l’ouvrage d’une importante iconographie et le CArCoB en assume la responsabilité scientifique.

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Dessin représentant Didier Geluck
et Grâce Winter à l’occasion du
50ème anniversaire de Progrès films,
par Philippe Geluck, 2000.

Présentation du livre par son auteur, le jeudi 28 mai à 17h30 à la Bibliothèque CINEMATEK, Cinémathèque royale de Belgique, "Hôtel de Clèves" 3 rue Ravenstein - 1000 Bruxelles.

Bienvenue à toutes et à tous. Un verre de l’amitié est prévu. Merci d’annoncer votre participation auprès du CArCoB, soit par courriel soit par téléphone : carcob@skynet.be - 02/513.61.99.

À 19h30, la Cinematek programme à cette occasion, cinq soirées de Nikita Mikhailkov, dans sa salle rue Baron Horta 9 - 1000 Bruxelles.

 

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Histoires du PCB

DOMINIQUE, Philippe, Fanny Beznos ou la passion révolutionnaire, Paris, L’Harmattan, 2014.

Fanny Beznos, juive bessarabienne, arrivée à Paris en 1913 à l’âge de six ans, intégrée par l’école républicaine, devenue dactylo à 16 ans car l’argent manque dans la famille, n’est qu’une étrangère que son adhésion à 20 ans aux Jeunesses communistes met en danger. La Belgique est sa terre d’expulsion, elle s’y intègre cependant par sa militance immédiate. Cela lui vaudra de connaître le petit jeu (qui n’a rien de ludique) des expulsions répétées, des clandestinités assumées. Jusqu’au jour où le maire communiste de la ville d’Halluin la marie avec Fernand Jacquemotte, lui offrant ainsi la nationalité belge. Un mariage politique qui évoluera. Fernand Jacquemotte, poète d’avant garde à Paris, devient cadre international des Amis de l’URSS, notamment en Espagne où elle l’accompagne.
En dix ans, assumant diverses responsabilités, à proximité immédiate de la direction du PCB, Fanny Jacquemotte va forger ce halo qui la distingue entre toutes et l’inscrit durablement dans la mémoire de toutes les militantes de l’époque. Victime de la clandestinité encore mal assurée des débuts de la résistance du PCB, elle « tombe » en octobre 1941. Elle avait, par la grâce des autorités belges, connu une première déportation au camp de Gurs à l’été 1940. Ravensbrück, où elle réconforte ses compagnes, puis Auschwitz marqueront les étapes finales de son destin. Nous connaissions de Fanny les grandes lignes de son parcours. Mais voici qu’un neveu de Fanny, déporté de France à Auschwitz à 15 ans ainsi qu’une soeur qui vécut à Paris jusqu’à tout récemment, nous sont révélés et inspirent et documentent l’auteur de ce travail. Fanny fut liée au groupe de la Révolution surréaliste et publia dans sa revue. Breton l’évoque dans un roman. L’ouvrage nous présente aussi le cocon familial, et notamment la forte identité juive de sa famille, que Fanny a très peu importée sinon - et ceci pose question - qu’elle s’inscrit au registre des Juifs en décembre 1940 ! Arrêtée comme communiste belge, Fanny disparaîtra dans la solution finale.
Lié manifestement par une forte empathie à son sujet, Dominique Philippe garde cependant la distance et déroule le trajet complet de cette révolutionnaire du XXème siècle. Sa reconstitution minutieuse offre des clés de compréhension de l’engagement militant communiste dans ce siècle. C’est par ces parcours militants que peut se comprendre pourquoi le communisme est apparu pour une partie de cette jeunesse des années ’30 comme le chemin de l’émancipation, rêve généreux alimenté par la brutalité des rapports de classes, le statut de paria « offert » aux étrangers, la violence du fascisme telle qu’appréhendée personnellement par Fanny en Espagne. Il a raison de constater que sa vie « ne sera qu’une série de rendez-vous avec la violence d’État ».
Aujourd’hui que l’histoire du communisme n’apparaît pour les maîtres du penser correct que sous la forme d’une suite inintelligible de crimes, il est courageux voire téméraire de livrer à l’édition non pas un panégyrique, mais la vie d’une militante dont la réalité vécue offre un sérieux contrepoint à cette vision unilatérale, donc biaisée.

 

José Gotovitch

 

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Nouveaux fonds d’archives accesibles

Les carnets de notes d’Edgar Lalmand

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Edgar Lalmand lors d’un meeting,
[194X], CArCoB.

Les deux carnets de notes (1950-1951) d’Edgar Lalmand, secrétaire général du PCB de 1943 à 1954, sont les « rescapés » d’une série beaucoup plus importante, aperçue chez son fils Edgar dans les années 1980 et qui ont manifestement disparu.
Ils avaient été conservés par Mr. Asbjorn Overhas, le petit-fils de Lalmand et de sa première femme, retournée vivre en Norvège et ont été confiés en dépôt au CArCoB en 2012 par Madame Brohée, belle-fille d’Edgar.
Il s’agit principalement de notes prises au cours des réunions du Bureau Politique, du Secrétariat et du Comité Central du PCB, enrichies de nombreux documents, ordres du jour, procès verbaux, textes d’interventions.
La comparaison pourrait être menée avec les procès verbaux officiels et les notes également très détaillées prises par Jean Terfve au cours de ces mêmes réunions.

Cf. Archives Terfve, Notices biographiques d’Edgar Lalmand et de Jean Terfve.

 

J.G.
Septembre 2014


 

Archives personnelles de Serge Govaert


Serge Govaert, greffier du Parlement bruxellois, fut de 1975 à 1988 un des dirigeants de la très active section de Forest du PCB éditrice notamment de La Vie Forestoise qui exerça une influence non négligeable sur la vie communale. Elle assura une présence communiste très visible par ses tracts, affiches et multiples manifestations politiques et festives.
Les archives désormais classées et disponibles au CArCoB, comportent la correspondance, les publications, convocations, tracts et circulaires de la section et du journal entre les dates citées. Elles comportent également les documents émanant ou adressés à la Fédération de Bruxelles ainsi qu’à la Jeunesse communiste. Elles couvrent l’activité de la section au moment des élections communales de 1976. Ces archives permettent de mesurer combien au tournant de ces années, une section communiste animée par une équipe jeune et libérée de tout dogmatisme, enracinée dans les réseaux communaux, a pu peser sur la vie politique locale. Elles ouvrent la voie à une étude possible sur le « communisme municipal » qui engloberait les communes où le PCB fut enraciné mais aussi où il participa temporairement au pouvoir, voire de comprendre pourquoi il n’y demeura pas.

 

J.G.


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Acquisitions récentes de la bibliothèque

Le CArCoB est non seulement un centre d’archives mais il recèle également une riche bibliothèque en matière d’histoire des communismes et des événements, luttes et mouvements en rapport avec ceux-ci, en Belgique et à l’étranger. Le Centre continue régulièrement d’accroître cette bibliothèque spécialisée, véritable outil pratique.

 

COURBAN, Alexandre, L’Humanité, de Jean Jaurès à Marcel Cachin : 1904-1939, Ivry-sur-Seine, Les éditions ouvrières, 2014.

Fondé en 1904 par Jaurès, L’Humanité occupe une place à part dans le panorama de la presse française. Jusqu’à la guerre de 1914, le quotidien reflète les divers courants socialistes mais mobilise dès le début les militants pour sa défense. Soumis à la censure et aux tensions entre socialistes vis-à-vis de la politique d’Union sacrée puis de la Révolution russe, le journal devient en 1920, à l’issue du congrès de Tours et d’une bataille interne intense, l’organe de la majorité qui fonde le Parti communiste. L’Humanité va vivre désormais au rythme des inflexions stratégiques du jeune Parti communiste : front unique ouvrier, bolchevisation, classe contre classe, Front populaire. De multiples débats traversent le quotidien parmi lesquels le contrôle des journalistes, leur recrutement et la place en leur sein de militants ouvriers. Toutefois, l’augmentation de sa pagination, la place croissante de la photographie et des romans feuilletons en feront progressivement un grand journal populaire. L’ouvrage, issu d’une thèse de doctorat et fondé sur des archives originales propose une approche "totale" qui constitue un modèle et un exemple à suivre pour l’étude d’un journal communiste.

 

GODDEERIS, Idesbald, Spioneren voor het communisme : Belgische prominenten en Poolse geheim agenten, Tielt, Lanoo, 2013.
Cette exceptionnelle plongée dans les archives originales du service de sécurité polonais UB/SB nous révèle les procédés déployés pour pénétrer les "secrets" de la politique belge à travers des "agents" le plus souvent animés par l’appât du gain. À lire l’argent dépensé et l’énergie déployée face aux résultats obtenus, on ne peut s’empêcher de penser à une machine qui tourne surtout pour justifier l’existence et le train de vie de ces services secrets. Ce qui semble également être l’avis du très sérieux auteur, historien patenté. Très amusant cependant d’apprendre que l’un des plus anciens "agents" rémunérés, fut un président du... Parti libéral.

 

MATHIEU, Anne, Paul Nizan. Du conflit italo-éthiopien à la victoire du front populaire espagnol : 30 juin 1935 - 18 juillet 1936, Paris, Éditions Delga, 2015.

Cet ouvrage éclaire un aspect peu connu de la personnalité de Paul Nizan. Devenu rédacteur politique au quotidien communiste L’Humanité, l’intellectuel militant va y suivre des événements essentiels comme le conflit italo-éthiopien ou les élections Frente popular en Espagne. Il y a est également critique littéraire, ainsi qu’à Monde, l’hebdomadaire d’Henri Barbusse, ou à Commune, la revue de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Les reportages de Nizan montrent qu’il aura eu l’intuition d’un coup d’État imminent en Espagne. Il aura aussi perçu, dans le conflit italo-éthiopien, le début d’une victoire des fascismes, face auxquels les démocraties n’affirmaient - déjà - qu’un aveuglement coupable.

 

ROBERTS, Geoffrey, Les guerres de Staline : de la guerre mondiale à la guerre froide (1939-1953, Paris, Éditions Delga, 2015.

Sur le Staline et l’URSS des années 1939-1953, un travail universitaire qui va à l’encontre de l’historiographie occidentale dominante. Tout en sacrifiant d’abondance au thème du "directeur soviétique" et en se défendant de vouloir "réhabiliter Staline", Roberts s’est livré à un bel exercice de courage intellectuel.

(Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à Paris VII)

 

STUTJE, Jan Willem, Ernest Mandel : rebel tussen droom en daad (1923-1995), Anvers, Gand, Éd. Houtekiet, Amsab-ISG, 2007.

Toujours pas traduite en français, cette unique biographie "totale" d’un économiste marxiste, dirigeant international trotskyste, dont la renomée dut passer par le monde entier avant d’être reconnu en Belgique comme professeur à la VUB.

 

Masters et thèse en histoire

Deux importants Masters en histoire ont été produits, lors de l’année académique 2013-2014, sur le communisme en Belgique. On peut espérer une rapide et prochaine publication.

  • BERSIPONT, Rémy, "Journal en révolution" : Étude de l’organe de presse francophone (le Drapeau rouge et ensuite la Voix du peuple) du Parti communiste en Belgique (1er octobre 1921 au 17 novembre 1939), UCL, 2014.
  • BOUTE, Lucie, Willy Peers : itinéraire politique d’un médecin communiste, ULB, 2014.
     

Signalons également que le CArCoB dispose de la thèse québécoise sur un sujet capital :

  • LÉPINE, Nicolas, Le socialisme international et la guerre civile espagnole, Québec, Université de Laval, 2013.
     
Outre sa mission scientifique, le CArCoB porte un grand intérêt à la formation des futurs archivistes et bibliothécaires-documentaliste. Également conscient de l’aide précieux que ceux-ci peuvent leur apporter, le Centre se veut être une structure d’accueil ouverte pour tout stagiaire intéressé par ses fonds et collections, et par la profession. Il a déjà accueilli dans ce cadre plusieurs étudiants de l’ULB, UCL, IESSID et Institut Lallemand.
 

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Isabelle Blume, une mémoire et... des archives disputées ?

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Isabelle Blume, Présidente coordinatrice de
la présidence du Conseil Mondial de la Paix,
et Krishna Menon, membre du Parlement et
ancien Ministre de la Défense de l’Inde, lors
de l’Assemblée mondiale pour la Paix, 1969,
CArCoB.

Doit-on en rire, doit-on en pleurer ? "L’opération Isabelle Blume" menée récemment sous forme de Memory-jacket, de captation d’héritage ou encore d’interprétation d’intentions posthumes non exprimées est à tout le moins originale.
Le coup du coeur d’un jeune militant socialiste de Baudour devant le délabrement du caveau familial des Grégoire, donc de la tombe d’Isabelle, a permis de sauver et restaurer une concession promise à la disparition. Que la pierre apposée ce 11 mars mette en avant ses qualités de député, d’internationaliste, de pacifiste, de féministe, ne souffre aux yeux de l’histoire que du péché d’omission : la vingtaine d’années de militance intense au sein d’organisations animées par les communistes, dont les quinze dernières d’adhésion formelle et continue au Parti communiste... Donc sa réintégration posthume au PSB renvoie à une opération qu’il n’est pas de notre propos de commenter ici, relevant éventuellement de la morale mais non de l’histoire.
Cependant un point de "l’argumentation" justificatrice se doit d’interpeller le CArCoB : le leg de ses archives à l’IEV témoignerait de son attachement retrouvé en fin de sa vie à son ancien parti... Or précisément les archives d’Isabelle Blume présentes à l’IEV, comme l’indique l’excellent inventaire publié par Linda et Robert Flagothier1, montre qu’il s’agit des dossiers de la dirigeante de Femmes Socialistes dont l’itinéraire, en même temps que ses archives s’interrompt brusquement en 1951, date de son exclusion...
Isabelle Blume et ses héritiers ont en revanche légué les archives couvrant la période de 1951 à son décès au CArCoB : deux mètres courants en 17 boîtes retraçant son activité à la Présidence du Conseil Mondial de la Paix. Rapports des multiples congrès, conférences, réunions et rencontres ; correspondances avec les membres de la Présidence aux noms prestigieux (Joliot-Curie, Pierre Cot...), avec les comités nationaux, avec les autres institutions internationales dont l’ONU ; dossiers établis sur des situations particulières. Et bien entendu, les traces des voyages menés d’un bout à l’autre de la planète. S’y ajoutent plusieurs dossiers sur son activité en tant que membre du PCB, en particulier de sa Fédération boraine.
Isabelle Blume était une oratrice aussi passionnée que passionnante. Mais elle écrivait également avec facilité. Ses archives comportent les manuscrits de l’Histoire du CMP qu’elle rédigea (546 pages dactylographiées)2, et les états successifs de plusieurs brochures. J’ai eu le plaisir d’y découvrir aussi la retranscription intégrale de la série d’interviews que je menai avec elle (198 pages dactylographiées) en préparation de ses Télémémoires de 1974 sur la RTBF et dont une infime partie a été utilisée dans l’ouvrage d’entretiens publié par la Fondation Jacquemotte3.
Il y a donc là matière à de multiples travaux, y compris une biographie, complète et critique de celle qui fut, avec la député communiste Alice Adère-Degeer, la première femme élue à la Chambre (en 1936), mais qui n’avaient pu voter...

 

José Gotovitch

 

1FLAGOTHIER, Linda et Robert, Inventaire d’archives du Fonds Isabelle Blume, IEV, 1980.
2Publié sans apparat critique ni mise en perspective en 1996 : BLUME, Isabelle, Le mouvement de la Paix : un témoignage, Gamma Presse et IEV, 1996.
3BLUME, Isabelle, Entretiens recueillis et présentés par José Gotovitch, Fondation Jacquemotte Bruxelles, 1976. (Quelques exemplaires sont encore disponibles au CArCoB).


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Prix bisannuel du CArCoB

Dès octobre 2015, le CArCoB institue un "Prix du CArCoB" qui sera accordé à une contribution scientifique originale à la connaissance historique des mouvements communistes en Belgique.

Dès octobre 2015

 

Article 1. Le Centre des Archives communistes en Belgique (CArCoB) institue un « Prix du CArCoB » qui sera accordé à une contribution scientifique originale à la connaissance historique des mouvements communistes en Belgique.

 

Article 2. Ce prix d’un montant de 1000 euros est destiné à stimuler et valoriser les recherches et travaux mettant en valeur la documentation du Centre : archives, ouvrages imprimés, périodiques, photos, interviews, séquences filmées.

 

Article 3. Ce prix est ouvert notamment aux travaux d’histoire, d’histoire de l’art, de science politique, de sociologie, droit, anthropologie et d’archivistique…

 

Article 4. Ce prix biennal sera attribué pour la première fois en décembre 2015 et par la suite, le 15 décembre des années impaires. Le dépôt des travaux est fixé au 15 octobre qui précède cette date.

 

Article 5. Le travail doit être déposé en 3 exemplaires au CArCoB, 33 rue de la Caserne à 1000 Bruxelles. Il peut l’être sous forme de manuscrit (papier ou support informatique), sous forme publiée ou comme production audio-visuelle. Le travail sera accompagné d’une synthèse de 1000 signes maximum (espaces compris) ainsi que d’un CV du candidat.

 

Article 6. Les travaux seront examinés par un jury composé par le Conseil scientifique du CArCoB. Sa décision sera sans appel.

 

Article 7. Tout travail primé édité ultérieurement portera obligatoirement la mention du prix attribué.

 

Article 8. Le prix ne peut être divisé. Le jury peut estimer ne pas pouvoir l’attribuer en l’absence de travaux adéquats.

 

Article 9. Tous les cas non prévus par le présent règlement relèvent de la compétence du Conseil d’Administration du CArCoB.

 
Pour plus d’informations, veuillez vous renseigner auprès du CArCoB :
Rue de la Caserne 33 - 1000 Bruxelles. 02/513 15 83 ou 02/513 61 99.
carcob@skynet.be - http://www.carcob.eu
 

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Le catalogue Pallas et le site internet du CArCoB : les outils en ligne mis à disposition du chercheur

Le CArCoB s’efforce de mettre à disposition des chercheurs plusieurs outils qui les aideront lors de leurs travaux. Dans ce numéro nous vous présentons deux outils en ligne qui peuvent s’avérer bien utiles : le catalogue Pallas et le nouveau site internet.

Le catalogue en ligne Pallas : un outil bien utile

 
Pallas, qu’est-ce que c’est ?

En Sciences de l’Information et de la Documentation, Pallas est désigné comme un Système Intégré de Gestion de Données (SIGD). En d’autres termes, il permet la gestion et la consultation des fonds (archives, monographies, périodiques, etc) se trouvant dans nos murs. Ce système est plus communément appelé « catalogue en ligne ».

 
À quoi sert Pallas ?

Utiliser un tel système en centre d’archives comporte plusieurs avantages. Le plus important est probablement le gain de temps. Autant pour les utilisateurs que pour les archivistes. Les premiers pourront consulter les fonds et repérer les documents utiles. Les archivistes, quant à eux, ne sont pas obligés de connaître leurs fonds absolument par coeur pour aider les chercheurs…
De plus, ce catalogue peut être consulté partout, pour autant que l’utilisateur dispose d’une connexion internet.

 
Comment utiliser Pallas ?

Après avoir cliqué sur l’icône Pallas, l’utilisateur arrive sur l’écran d’accueil de recherche. Il a le choix entre « Parcourir les archives » et « Rechercher ».
« Parcourir les archives » permet d’avoir une vue générale des fonds encodés dans le système et de dérouler les inventaires en cliquant sur les « + ».
« Rechercher », combiné éventuellement avec le type de documents (archives, bibliothèque, photothèque) et un autre critère de recherche (mot du titre, personne, mot clé) permet une recherche avancée.
Pallas propose alors une liste de résultats correspondant aux critères de recherche. La sélection d’un résultat permet d’affiner la recherche.

 

 
Les photographies

La grande nouveauté de notre catalogue est la présence de notre fonds photographique, des origines à 1959, numérisé.
Par exemple : Si vous recherchez des photographies d’Isabelle Blume, il vous suffira d’entrer son nom dans le champ de recherche et de sélectionner le type de document désiré. Comme ci-dessous :

 

 

Les résultats de cette recherche apparaîtront comme suit :

 

 

Si vous souhaitez voir la deuxième photographie de la liste, double-cliquant sur le détail il apparaît :

 

 
Les périodiques

L’encodage de ce fonds très important est en cours depuis octobre 2014.
Si la totalité des titres n’est pas encore intégrée, à l’heure actuelle le descriptif et l’état des collections de quelques 1850 périodiques sont accessibles dans Pallas.

 
Les Cahiers Marxistes

Depuis août 2014, les Cahiers Marxistes ont été « dépouillés ». En jargon bibliothéconomique, cela signifie que tous les articles se trouvant dans les différents numéros des C.M. ont été répertoriés et encodés dans le catalogue.

Il est possible de rechercher un numéro spécifique des Cahiers Marxistes pour voir les articles qu’il renferme. Par exemple, si j’introduis « Cahiers Marxistes 120 » dans le champ de recherche du catalogue, j’obtiens ceci :

 

 

La référence surlignée en rose au passage de la souris fait référence au n°120 des Cahiers Marxistes datant de 1984. Pour savoir ce que le numéro contient, il suffit de cliquer dessus.

 

 

En dessous de la notice bibliographique, dans la partie « Contient », apparaît la liste des articles. Un double-clic sur l’un deux fait apparaître le détail de l’article.

 
BONNE RECHERCHE !

Charlotte Ziskos

 

Le CArCoB se pare d’un nouveau site internet

 

Depuis novembre dernier, le site internet du CArCoB a fait peau neuve. Pour ce faire, l’équipe du Centre a fait appel à l’asbl Vertige. "Composée de professionnels de la communication et d’artistes, celle-ci a notamment pour objectif de rendre Internet accessible et adapté aux secteurs culturel et associatif". Le visiteur pourra retrouver dans cette nouvelle mouture du site, les anciens menus, désormais mieux mis en valeur et assortis de nouveautés.
Au travers de ce site, l’on peut mieux comprendre la structure des collections du CArCoB. Celles-ci sont présentées par types et par fonds. Elles sont assorties de photographies, d’extraits audiovisuels.
Soulignons également le menu "publications en ligne" dans lequel le chercheur pourra trouver des notices biographiques, contributions historiques et actes des colloques et journées d’étude.
L’on trouve aussi les informations relatives aux différentes activités du CArCoB, telles que les publications et expositions auxquelles il participe. Dans le cadre des expositions, le visiteur pourra prochainement y retrouver leurs présentations générales, mais aussi des photos, des documents permettant de préparer la visite, ainsi que les fiches techniques en cas d’itinérance.
Par ailleurs, José Gotovitch travaille actuellement à l’élaboration d’une bibliographie courante sur le communisme en Belgique qui sera accessible en ligne via notre site internet.
Rappelons enfin que l’on peut y retrouver les différents numéros de La lettre du CArCoB.
L’équipe du Centre continue de développer ce site dans l’optique de le rendre dynamique, intuitif et de faciliter l’accès à la recherche, consciente de l’importance que revêt pour le chercheur et pour l’institution un site internet efficient.

 

A.V.

 
http://www.carcob.eu
 

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Avis de recherche !

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Description
Photo prise à l’occasion d’un meeting.
Date : [194X]
Par : Le Drapeau Rouge

 

Description
Date : 1946
Par : Le Drapeau Rouge

 

Description
Fernand et Fanny Jacquemotte (à droite) se font tirer le portrait en compagnie d’un couple inconnu.
Date : [193X]
Lieu : Port d’Anvers

 

Description
Portrait de militants dans un café
Date : [194X]
Lieu : Probablement dans la région de Ath - Tournai
Don : Alphonse Bonenfant

 

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En vente au CArCoB

Nous vous Rappelons que les ouvrages suivants sont en vente* au CArCoB :

*À acheter sur place, par correspondance via le bon de commande ou par mail à l’adresse carcob@skynet.be.

 

José Gotovitch, Du communisme et des communistes en Belgique. Approches critiques, Bruxelles, Éditions Aden, avec le concours du CArCoB, 2012, 436 p.
→ 23€ (prix spécial CArCoB)

 

Jules Pirlot, Julien Lahaut, vivant, Cuesmes, Éditions du Cerisier, Bruxelles, Éditeur scientifique CArCoB, 2010, 191 p.
→ 12€50

 

Morgan Di Salvia, Progrès films, un demi-siècle de distribution cinématographique en Belgique, Cuesmes, Éditions du Cerisier, Bruxelles, Éditeur scientifique CArCoB, 2015, 240 p.
→ 18€

 

« Noirs dessins du communisme. Caricatures et dessins d’humour dans la presse communiste en Belgique (1921 - 1990) », in Cahiers Marxistes, n° 243, Novembre - Décembre 2013, 150 p.
→ 10€

 

Le bon de commande est téléchargeable via le document pdf ci-dessous.
Veuillez renvoyer votre bon au CArCoB, rue de la Caserne 33 - 1000 Bruxelles. Dès réception de votre payement sur le compte IBAN BE53 0011 6085 2853 nous vous enverrons votre commande.

 

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Activités du CArCoB

Outre sa fonction de conservation, le CArCoB valorise ses fonds au travers de plusieurs activités. Parmi celles-ci aura lieu le 28 mai prochain la présentation du livre de Morgan Di Salvia, Progrès films, un demi-siècle de distribution cinématographique en Belgique. Cette société de distribution fut notamment dirigée par Didier Geluck pendant 29 ans.
Le CArCoB, en collaboration avec plusieurs autres institutions, vient également de présenter l’exposition "Noirs dessins du communisme. Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXème siècle" à la Salle Allende de l’ULB. Vu son actualité frappante, l’équipe se prépare à la faire voyager.

Bientôt une histoire de Progrès films

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Didier Geluck et le réalisateur Andréï Tarkovski,
© DR, Coll. Famille Geluck.
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Façade décorée du cinéma Avenue à Bruxelles,
début des années 1960, lors de la sortie du film
"Les chevaliers teutoniques" d’Aleksander Ford,
Pologne 1961, DR, Coll. Famille Geluck.

En 1950, le Parti communiste crée Progrès films pour diffuser des films soviétiques. En 1955, Didier Geluck en prend la direction. Militant, il paye de sa personne en livrant des bobines à vélo. Le succès vient avec de grands films comme Quand passent les cigognes. Découvreur de talents, il fait de Progrès films une société de distribution qui se démarque des autres en distribuant principalement du cinéma de qualité produit à l’Est avec des réalisateurs tels que Roman Polanski et Milos Forman, ainsi que des films réputés peu commerciaux comme L’année dernière à Marienbad et Yol.
Fournisseur de nombreux cinéclubs, Progrès films est reconnu par la presse de tout bord et par la Cinémathèque dont il enrichit considérablement les collections avec ses copies de films de fiction, d’animation et documentaires. À l’occasion du 50ème anniversaire de Progrès films célébré par la Cinémathèque, Philippe Geluck fils réalise à cette occasion le dessin de l’invitation en hommage à son père. Mais la roue du temps tourne. L’effondrement du cinéma à l’Est après 1989, la concurrence de la cassette vidéo et le rouleau compresseur du cinéma commercial ont raison de Progrès films mis en liquidation en 2002.
Son histoire fait l’objet d’une publication par Morgan Di Salvia, Progrès films, un demi-siècle de distribution cinématographique en Belgique, édition du Cerisier. Gabrielle Claes y écrit une solide introduction et José Gotovitch une préface. Philippe Moins ajoute un témoignage, souvenir de son père Jacques, qui avant d’être président du CArCoB avait été celui de Progrès films. Betty Coletta a enrichi l’ouvrage d’une importante iconographie et le CArCoB en assume la responsabilité scientifique.

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Dessin représentant Didier Geluck
et Grâce Winter à l’occasion du
50ème anniversaire de Progrès films,
par Philippe Geluck, 2000.

Présentation du livre par son auteur, le jeudi 28 mai à 17h30 à la Bibliothèque CINEMATEK, Cinémathèque royale de Belgique, "Hôtel de Clèves" 3 rue Ravenstein - 1000 Bruxelles.

Bienvenue à toutes et à tous. Un verre de l’amitié est prévu. Merci d’annoncer votre participation auprès du CArCoB, soit par courriel soit par téléphone : carcob@skynet.be - 02/513.61.99.

À 19h30, la Cinematek programme à cette occasion, cinq soirées de Nikita Mikhailkov, dans sa salle rue Baron Horta 9 - 1000 Bruxelles.

 
En vente au CArCoB dès le 29 mai au prix de 18€

À acheter sur place ou par correspondance :
via un bon de commande envoyé au 33, rue de la Caserne - 1000 Bruxelles ;
par mail à l’adresse carcob@skynet.be ;
par téléphone au 02/513.61.99.
Dès réception de votre payement sur le compte IBAN BE53 0011 6085 2853 nous vous enverrons votre commande.

 

 

Noirs dessins du communisme - Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle

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Jo Dustin, Le Drapeau rouge, 01/04/1981, p.1.
Leo Tindemans, alors président du CVP veut supprimer
l’indexation des salaires. Dans les années qui suivent, le
gouvernement Martens-Gol (social-chrétien / libéral)
supprime trois indexations et dévalue le franc belge au
nom de la compétitivité.

L’idée de réaliser un projet autour de la caricature et du dessin politique dans la presse communiste du XXème siècle répond au désir de Jacques Moins, ancien président du CArCoB aujourd’hui décédé, ayant à dessein de réunir humour et communisme.
Un travail de publication aboutit à la parution fin 2013 d’un numéro des Cahiers Marxistes, rebaptisés pour l’occasion "L’écailler marxiste", consacré aux "Noirs dessins du communisme" (Cahiers Marxistes, n°243, nov.-déc. 2013). Au travers de ce numéro, des études et témoignages posent la question de la place et du rôle de l’humour chez les communistes, au travers des dessins et caricatures. À la suite de cette publication, le projet d’une exposition vit le jour.
« La caricature vise à faire rire ou du moins à ironiser. Le Parti communiste de Belgique (PCB) attaque tour à tour, le trône, l’Église, les États-Unis, le militarisme, la droite, le patronat et les socialistes, mais jamais les dirigeants syndicaux. Ce que n’hésite pas à faire la presse maoïste qui s’en prend aussi au PCB et à l’URSS. Le dessin politique, de son côté revêt parfois un aspect lyrique, voir tragique, quand il exprime pas son esthétique, la solidarité avec les opprimés.
La presse communiste, au sens large, n’a pas recouru systématiquement à l’illustration graphique. À certaines périodes, la présence de dessins n’est liée qu’à la rencontre très éphémère avec le communisme, d’artistes ou d’amateurs qui ont un bon coup de crayon.
Le Drapeau rouge est alimenté par des graphistes pendant les années 1920. La Voix du peuple, le quotidien lancé en 1936, est pauvre en dessins, il reprend de temps en temps des caricatures françaises de L’Humanité ou de la presse soviétique. Au début des années 1950, Le Drapeau rouge publie une caricature quotidienne de Didier Geluck (alias Diluck), mais à partir de 1954, accaparé par ses obligations professionnelles, celui-ci ne dessine plus qu’occasionnellement. Il n’est pas remplacé. Le Drapeau rouge magazine du week-end comporte une page de dessins humoristiques qui n’ont rien de politique. Dans sa version hebdomadaire des années 1960, Le Drapeau rouge ne publie pas de dessins, mais l’édition quotidienne à partir de 1972 reçoit le renfort d’une jeune équipe très prolifique. Le journal achète en outre la série anticléricale Les Pèlerins que Jost avait bien de la peine à placer dans la presse commerciale. Dans les journaux de la jeunesse et dans les bulletins de sections ou de cellules, tout dépend de la participation militante de caricaturistes. Des dessinateurs de talent prêtent aussi ponctuellement leur crayon à la presse trotskyste et à celle d’AMADA-TPO. Dans cette exposition, caricatures et dessins sont présentés au travers des cinq thématiques "L’adversaire politique, le trône et l’autel", "La société en question", "Guerre à la guerre !", "Prolétaires de tous les pays unissez-vous !", "La gauche contre la gauche". »

 

Extraits du livre d’or de l’exposition

 
Si on donnait le cours d’histoire et de politique de manière si visuelle, peut-être pourrions-nous voir plus clair...
Merci de raviver nos oublieuses mémoires.
Certaines caricatures qui datent de plus de trente ans semblent avoir été dessinées aujourd’hui même ! Bravo !
Prachtige tentoonstelling ! In zijn anti-kapitalism maar ook in zijn aandacht voor de verdeeldheid van links.
 

"Noirs dessins du communisme. Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXème" fait l’objet d’une collaboration du Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB, du CArCoB, de l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale et du Mundaneum. La Formation Léon Lesoil, l’Institut d’Études marxistes et les Archives de Solidaire participèrent également. Programmée par ULB Culture, l’exposition ouvrit du 13/03 au 04/04 et vit quelques 850 personnes pousser ses portes. Durant sa conception et sa mise en place, l’équipe en charge fut frappée par l’actualité de certains dessins. Il en fut de même pour bon nombre de visiteurs. Beaucoup nous firent remarquer à quel point il serait intéressant et important de rendre cette exposition itinérante et de la montrer notamment aux plus jeunes. Cette suggestion n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, et l’équipe s’attelle actuellement à donner aux "Noirs dessins du communisme" la possibilité de voyager.

 

Amandine Verheylewegen

 
Pour tous renseignements concernant l’exposition, vous pouvez prendre contact avec le CArCoB :
Tel : 02/513.15.83 - Mail : carcob@skynet.be
Ou sur le site internet : www.carcob.eu
 

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Isabelle Blume et Fanny Beznos : l’engagement communiste au féminin

Isabelle Blume et Fanny Beznos furent toutes deux, sur des modes et à des époques différentes, des militantes communistes. Leur mémoire se rappelle à nous. Une bizarre actualité pour l’une, une biographie totalement inédite pour l’autre...

Isabelle Blume, une mémoire et... des archives disputées ?

 
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Isabelle Blume, Présidente coordinatrice de
la présidence du Conseil Mondial de la Paix,
et Krishna Menon, membre du Parlement et
ancien Ministre de la Défense de l’Inde, lors
de l’Assemblée mondiale pour la Paix, 1969,
CArCoB.

Doit-on en rire, doit-on en pleurer ? "L’opération Isabelle Blume" menée récemment sous forme de Memory-jacking, de captation d’héritage ou encore d’interprétation d’intentions posthumes non exprimées est à tout le moins originale.
Le coup du coeur d’un jeune militant socialiste de Baudour devant le délabrement du caveau familial des Grégoire, donc de la tombe d’Isabelle, a permis de sauver et restaurer une concession promise à la disparition. Que la pierre apposée ce 11 mars mette en avant ses qualités de député, d’internationaliste, de pacifiste, de féministe, ne souffre aux yeux de l’histoire que du péché d’omission : la vingtaine d’années de militance intense au sein d’organisations animées par les communistes, dont les quinze dernières d’adhésion formelle et continue au Parti communiste... Donc sa réintégration posthume au PSB renvoie à une opération qu’il n’est pas de notre propos de commenter ici, relevant éventuellement de la morale mais non de l’histoire.
Cependant un point de "l’argumentation" justificatrice se doit d’interpeller le CArCoB : le leg de ses archives à l’IEV témoignerait de son attachement retrouvé en fin de sa vie à son ancien parti... Or précisément les archives d’Isabelle Blume présentes à l’IEV, comme l’indique l’excellent inventaire publié par Linda et Robert Flagothier1, montrent qu’il s’agit des dossiers de la dirigeante de Femmes Socialistes dont l’itinéraire, en même temps que ses archives, s’interrompt brusquement en 1951, date de son exclusion...
Isabelle Blume et ses héritiers ont en revanche légué les archives couvrant la période de 1951 à son décès au CArCoB : deux mètres courants en 17 boîtes retraçant son activité à la Présidence du Conseil Mondial de la Paix. Rapports des multiples congrès, conférences, réunions et rencontres ; correspondances avec les membres de la Présidence aux noms prestigieux (Joliot-Curie, Pierre Cot...), avec les comités nationaux, avec les autres institutions internationales dont l’ONU ; dossiers établis sur des situations particulières. Et bien entendu, les traces des voyages menés d’un bout à l’autre de la planète. S’y ajoutent plusieurs dossiers sur son activité en tant que membre du PCB, en particulier de sa Fédération boraine.
Isabelle Blume était une oratrice aussi passionnée que passionnante. Mais elle écrivait également avec facilité. Ses archives comportent les manuscrits de l’Histoire du CMP qu’elle rédigea (546 pages dactylographiées)2, et les états successifs de plusieurs brochures. J’ai eu le plaisir d’y découvrir aussi la retranscription intégrale de la série d’interviews que je menai avec elle (198 pages dactylographiées) en préparation de ses Télémémoires de 1974 sur la RTBF et dont une infime partie a été utilisée dans l’ouvrage d’entretiens publié par la Fondation Jacquemotte3.
Il y a donc là matière à de multiples travaux, y compris une biographie, complète et critique de celle qui fut, avec la député communiste Alice Adère-Degeer, la première femme élue à la Chambre (en 1936), mais qui n’avaient pu voter...

 

José Gotovitch

 

1FLAGOTHIER, Linda et Robert, Inventaire d’archives du Fonds Isabelle Blume, IEV, 1980.
2Publié sans apparat critique ni mise en perspective en 1996 : BLUME, Isabelle, Le mouvement de la Paix : un témoignage, Gamma Presse et IEV, 1996.
3BLUME, Isabelle, Entretiens recueillis et présentés par José Gotovitch, Fondation Jacquemotte Bruxelles, 1976. (Quelques exemplaires sont encore disponibles au CArCoB).

 

 

Histoires du PCB
 

DOMINIQUE, Philippe, Fanny Beznos ou la passion révolutionnaire, Paris, L’Harmattan, 2014

 

Fanny Beznos, juive bessarabienne, arrivée à Paris en 1913 à l’âge de six ans, intégrée par l’école républicaine, devenue dactylo à 16 ans car l’argent manque dans la famille, n’est qu’une étrangère que son adhésion à 20 ans aux Jeunesses communistes met en danger. La Belgique est sa terre d’expulsion, elle s’y intègre cependant par sa militance immédiate. Cela lui vaudra de connaître le petit jeu (qui n’a rien de ludique) des expulsions répétées, des clandestinités assumées. Jusqu’au jour où le maire communiste de la ville d’Halluin la marie avec Fernand Jacquemotte, lui offrant ainsi la nationalité belge. Un mariage politique qui évoluera. Fernand Jacquemotte, poète d’avant garde à Paris, devient cadre international des Amis de l’URSS, notamment en Espagne où elle l’accompagne.
En dix ans, assumant diverses responsabilités, à proximité immédiate de la direction du PCB, Fanny Jacquemotte va forger ce halo qui la distingue entre toutes et l’inscrit durablement dans la mémoire de toutes les militantes de l’époque. Victime de la clandestinité encore mal assurée des débuts de la résistance du PCB, elle « tombe » en octobre 1941. Elle avait, par la grâce des autorités belges, connu une première déportation au camp de Gurs à l’été 1940. Ravensbrück, où elle réconforte ses compagnes, puis Auschwitz marqueront les étapes finales de son destin. Nous connaissions de Fanny les grandes lignes de son parcours. Mais voici qu’un neveu de Fanny, déporté de France à Auschwitz à 15 ans ainsi qu’une soeur qui vécut à Paris jusqu’à tout récemment, nous sont révélés et inspirent et documentent l’auteur de ce travail. Fanny fut liée au groupe de la Révolution surréaliste et publia dans sa revue. Breton l’évoque dans un roman. L’ouvrage nous présente aussi le cocon familial, et notamment la forte identité juive de sa famille, que Fanny a très peu importée sinon - et ceci pose question - qu’elle s’inscrit au registre des Juifs en décembre 1940 ! Arrêtée comme communiste belge, Fanny disparaîtra dans la solution finale.
Lié manifestement par une forte empathie à son sujet, Dominique Philippe garde cependant la distance et déroule le trajet complet de cette révolutionnaire du XXème siècle. Sa reconstitution minutieuse offre des clés de compréhension de l’engagement militant communiste dans ce siècle. C’est par ces parcours militants que peut se comprendre pourquoi le communisme est apparu pour une partie de cette jeunesse des années ’30 comme le chemin de l’émancipation, rêve généreux alimenté par la brutalité des rapports de classes, le statut de paria « offert » aux étrangers, la violence du fascisme telle qu’appréhendée personnellement par Fanny en Espagne. Il a raison de constater que sa vie « ne sera qu’une série de rendez-vous avec la violence d’État ».
Aujourd’hui que l’histoire du communisme n’apparaît pour les maîtres du penser correct que sous la forme d’une suite inintelligible de crimes, il est courageux voire téméraire de livrer à l’édition non pas un panégyrique, mais la vie d’une militante dont la réalité vécue offre un sérieux contrepoint à cette vision unilatérale, donc biaisée.

 

J.G.

 

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Nouveautés

Dans cette rubrique, le lecteur pourra découvrir la présentation des carnets de notes d’Edgar Lalmand et des archives personnelles de Serge Govaert, fonds nouvellement accessibles au public, ainsi que certaines acquisitions récentes de la bibliothèque du CArCoB.

Nouveaux fonds d’archives accessibles

 

Les carnets de notes d’Edgar Lalmand

 
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Edgar Lalmand lors d’un meeting,
[194X], CArCoB.

Les deux carnets de notes (1950-1951) d’Edgar Lalmand, secrétaire général du PCB de 1943 à 1954, sont les « rescapés » d’une série beaucoup plus importante, aperçue chez son fils Edgar dans les années 1980 et qui ont manifestement disparu.
Ils avaient été conservés par Mr. Asbjorn Overhas, le petit-fils de Lalmand et de sa première femme, retournée vivre en Norvège et ont été confiés en dépôt au CArCoB en 2012 par Madame Brohée, belle-fille d’Edgar.
Il s’agit principalement de notes prises au cours des réunions du Bureau Politique, du Secrétariat et du Comité Central du PCB, enrichies de nombreux documents, ordres du jour, procès verbaux, textes d’interventions.
La comparaison pourrait être menée avec les procès verbaux officiels et les notes également très détaillées prises par Jean Terfve au cours de ces mêmes réunions.

Cf. Archives Terfve, Notices biographiques d’Edgar Lalmand et de Jean Terfve, Construction et déconstruction d’un culte : le cas d’Edgar Lalmand, secrétaire général, Avocat, chef partisan, député, ministre, Jean Terfve, un "prince" communiste ?

 

J.G.
Septembre 2014


 

Archives personnelles de Serge Govaert

 

Serge Govaert, greffier du Parlement bruxellois, fut de 1975 à 1988 un des dirigeants de la très active section de Forest du PCB éditrice notamment de La Vie Forestoise qui exerça une influence non négligeable sur la vie communale. Elle assura une présence communiste très visible par ses tracts, affiches et multiples manifestations politiques et festives.
Les archives désormais classées et disponibles au CArCoB, comportent la correspondance, les publications, convocations, tracts et circulaires de la section et du journal entre les dates citées. Elles comportent également les documents émanant ou adressés à la Fédération de Bruxelles ainsi qu’à la Jeunesse communiste. Elles couvrent l’activité de la section au moment des élections communales de 1976. Ces archives permettent de mesurer combien au tournant de ces années, une section communiste animée par une équipe jeune et libérée de tout dogmatisme, enracinée dans les réseaux communaux, a pu peser sur la vie politique locale. Elles ouvrent la voie à une étude possible sur le « communisme municipal » qui engloberait les communes où le PCB fut enraciné mais aussi où il participa temporairement au pouvoir, voire de comprendre pourquoi il n’y demeura pas.

 

J.G.

 

 

Acquisitions récentes de la bibliothèque

 

Le CArCoB est non seulement un centre d’archives mais il recèle également une riche bibliothèque en matière d’histoire des communismes et des événements, luttes et mouvements en rapport avec ceux-ci, en Belgique et à l’étranger. Le Centre continue régulièrement d’accroître cette bibliothèque spécialisée, véritable outil pratique.

 

COURBAN, Alexandre, L’Humanité, de Jean Jaurès à Marcel Cachin : 1904-1939, Ivry-sur-Seine, Les éditions ouvrières, 2014.

Fondé en 1904 par Jaurès, L’Humanité occupe une place à part dans le panorama de la presse française. Jusqu’à la guerre de 1914, le quotidien reflète les divers courants socialistes mais mobilise dès le début les militants pour sa défense. Soumis à la censure et aux tensions entre socialistes vis-à-vis de la politique d’Union sacrée puis de la Révolution russe, le journal devient en 1920, à l’issue du congrès de Tours et d’une bataille interne intense, l’organe de la majorité qui fonde le Parti communiste. L’Humanité va vivre désormais au rythme des inflexions stratégiques du jeune Parti communiste : front unique ouvrier, bolchevisation, classe contre classe, Front populaire. De multiples débats traversent le quotidien parmi lesquels le contrôle des journalistes, leur recrutement et la place en leur sein de militants ouvriers. Toutefois, l’augmentation de sa pagination, la place croissante de la photographie et des romans feuilletons en feront progressivement un grand journal populaire. L’ouvrage, issu d’une thèse de doctorat et fondé sur des archives originales propose une approche "totale" qui constitue un modèle et un exemple à suivre pour l’étude d’un journal communiste.

 

GODDEERIS, Idesbald, Spioneren voor het communisme : Belgische prominenten en Poolse geheim agenten, Tielt, Lanoo, 2013.
Cette exceptionnelle plongée dans les archives originales du service de sécurité polonais UB/SB nous révèle les procédés déployés pour pénétrer les "secrets" de la politique belge à travers des "agents" le plus souvent animés par l’appât du gain. À lire l’argent dépensé et l’énergie déployée face aux résultats obtenus, on ne peut s’empêcher de penser à une machine qui tourne surtout pour justifier l’existence et le train de vie de ces services secrets. Ce qui semble également être l’avis du très sérieux auteur, historien patenté. Très amusant cependant d’apprendre que l’un des plus anciens "agents" rémunérés, fut un président du... Parti libéral.

 

MATHIEU, Anne, Paul Nizan. Du conflit italo-éthiopien à la victoire du front populaire espagnol : 30 juin 1935 - 18 juillet 1936, Paris, Éditions Delga, 2015.

Cet ouvrage éclaire un aspect peu connu de la personnalité de Paul Nizan. Devenu rédacteur politique au quotidien communiste L’Humanité, l’intellectuel militant va y suivre des événements essentiels comme le conflit italo-éthiopien ou les élections Frente popular en Espagne. Il y a est également critique littéraire, ainsi qu’à Monde, l’hebdomadaire d’Henri Barbusse, ou à Commune, la revue de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Les reportages de Nizan montrent qu’il aura eu l’intuition d’un coup d’État imminent en Espagne. Il aura aussi perçu, dans le conflit italo-éthiopien, le début d’une victoire des fascismes, face auxquels les démocraties n’affirmaient - déjà - qu’un aveuglement coupable.

 

ROBERTS, Geoffrey, Les guerres de Staline : de la guerre mondiale à la guerre froide (1939-1953), Paris, Éditions Delga, 2015.

Sur le Staline et l’URSS des années 1939-1953, un travail universitaire qui va à l’encontre de l’historiographie occidentale dominante. Tout en sacrifiant d’abondance au thème du "directeur soviétique" et en se défendant de vouloir "réhabiliter Staline", Roberts s’est livré à un bel exercice de courage intellectuel.

(Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à Paris VII)

 

STUTJE, Jan Willem, Ernest Mandel : rebel tussen droom en daad (1923-1995), Anvers, Gand, Éd. Houtekiet, Amsab-ISG, 2007.

Toujours pas traduite en français, cette unique biographie "totale" d’un économiste marxiste, dirigeant international trotskyste, dont la renomée dut passer par le monde entier avant d’être reconnu en Belgique comme professeur à la VUB.

 

Masters et thèse en histoire

Deux importants Masters en histoire ont été produits, lors de l’année académique 2013-2014, sur le communisme en Belgique. On peut espérer une rapide et prochaine publication.

  • BERSIPONT, Rémy, "Journal en révolution" : Étude de l’organe de presse francophone (le Drapeau rouge et ensuite la Voix du peuple) du Parti communiste en Belgique (1er octobre 1921 au 17 novembre 1939), UCL, 2014.
  • BOUTE, Lucie, Willy Peers : itinéraire politique d’un médecin communiste, ULB, 2014.
     

Signalons également que le CArCoB dispose de la thèse québécoise sur un sujet capital :

  • LÉPINE, Nicolas, Le socialisme international et la guerre civile espagnole, Québec, Université de Laval, 2013.
     
Outre sa mission scientifique, le CArCoB porte un grand intérêt à la formation des futurs archivistes et bibliothécaires-documentalistes. Également conscient de l’aide précieux que ceux-ci peuvent lui apporter, le Centre se veut être une structure d’accueil ouverte pour tout stagiaire intéressé par ses fonds et collections, et par la profession. Il a déjà accueilli dans ce cadre plusieurs étudiants de l’ULB, UCL, IESSID et Institut Lallemand.
 

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